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Retour sur quelques ruines

08/04/2010

Week end pascal trois mois après le tremblement de terre du 12 janvier: l’occasion de visiter un peu les environs et de revenir sur quelques sites que j’aimais particulièrement « avant » le séisme et dont j’espérais qu’ils seraient encore debout…

Tout d’abord, la ville de Petit Goave à deux heures de voiture de Port au Prince. Elle est plus proche de l’épicentre du séisme que la capitale et du coup a été bien affectée. J’avais eu l’occasion d’y passer plusieurs fois: c’était une belle ville active, avec un important marché et des centaines de commerces.

La rue principale de Petit Goaves avant le séisme...

La rue principale de Petit Goaves avant le séisme...

... La même aujourd'hui

... La même aujourd'hui

Le fleuron de Petit Goave était le « Relais de l’Empereur », un sublime hôtel centenaire dont j’avais déjà publié des photos dans ces pages. Je m’attendais vraiment à le voir intact, car à Port au Prince les vieux bâtiments ont plutôt mieux résisté que les modernes. Hélas, quelle ne fut pas ma tristesse de découvrir une dent creuse dans la rue principale, pile à l’emplacement du Relais: effacé, oblitéré, plus une brique…

Là où était avant le Relais de l'Empereur

Là où était avant le Relais de l'Empereur

In memoria: le Relais de l'Empereur

In memoria: le Relais de l'Empereur

Mais qu'est devenue la peau de tigre?

Mais qu'est devenue la peau de tigre?

Démoralisé, nous repartons vers la communauté paysanne de Vallue, dans les mornes au dessus du col du Tarpion qui sépare Petit et Grand Goave. La zone a aussi été affectée. Le morne Tarpion est sillonné de puissants éboulements (visibles sur Google Earth!), qui témoigent de la puissance du choc. La communauté de Vallue, que nous avions déjà visité et à laquelle je me promettais de consacrer un article, se trouve au dessus de Grand Goave, dans la montagne. La zone a été dynamisée dans les années 60 – 70 par un agronome du cru, qui a eu le l’idée d’y monter un projet de développement intégrant agriculture, marché paysan et éco – tourisme. Le système a bien fonctionné et Vallue est vraiment un village à part en Haïti. On y trouve un hôtel – restaurant, des résidences d’artistes, une école, un marché, et surtout des gens heureux, accueillants et visiblement épanouis. Enfin, ça c’était avant…

L'hôtel de Vallue

L'hôtel de Vallue

A Grand Goave se trouve aussi la Villa Taïna, où nous avions passé plusieurs weekend. Par pudeur je ne m’étendrai pas sur le sujet. Christian si par hasard vous lisez ces lignes, sachez que nous sommes de tout cœur avec vous et que je n’oublierai jamais les moment de bonheur passés à la Villa, ni les langoustes ni les petits rhums arrangés. Je sais que vous vous en êtes tous les deux sortis vivants et je serai heureux d’avoir de vos nouvelles. Toute ma sympathie dans cette épreuve.

Adieu Taïna

Adieu Taïna on ne t'oubliera pas

Retour à Port au Prince. Nous escaladons la « Tour 2004″ sur le Champ de Mars, pour « admirer » la vue au coucher du soleil.

Le palais présidentiel

Le palais présidentiel

La statue de l'empereur Christophe, sur le Champ de Mars

La statue de l'empereur Christophe, sur le Champ de Mars

Vilage de tente sur le Champ de Mars. Combien de temps les gens vont -ils tenir ainsi?

Village de tentes sur le Champ de Mars. Combien de temps les gens vont -ils pouvoir tenir ainsi?

Haïti deux mois après le séisme

12/03/2010

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12 janvier / 12 mars : deux mois après le tremblement de terre qui a ravagé Port au Prince, où en sommes nous? Dans le centre ville, la vie tente de reprendre son cours normal. Les camps spontanés de sinistrés s’organisent de mieux en mieux, avec l’aide des ONG et de la Protection Civile haïtienne. La plupart des familles qui avaient déserté le centre ville dans l’immédiate après crise sont revenues, ou du moins ont renvoyé une personne pour sécuriser les biens restant sous les décombres ou encore trouver un travail. Les maisons détruites ou dangereuses sont au fur et à mesure écrasées par des engins lourds, puis les gravats aplatis au rouleau compresseur pour faire de l’espace. Plus tard sur ces places dégagées, des villages de tentes s’installeront pour désengorger les camps spontanés du centre ville.

Pour l’organisation avec laquelle je travaille, nous avons atteints nos objectifs en terme de livraison d’eau potable (75 000 personnes tout de même) et nous sommes en train de voir si il reste des besoins pas couverts sur de nouvelles zones. Le programme « latrines » est lui plus en retard, car nous rencontrons de grosses difficultés (dont j’ai déjà parlé dans ces pages) pour creuser des fosses dans un environnement urbain, surpeuplé et au sous sol rocheux… Du coup nous nous orientons vers des latrines à fosse sceptique que l’on fera vidanger avec des camions siphon.

La nouveauté du moment, ce sont ces nouveaux camps spontanés qui se montent en périphérie de la ville, au nord de la Plaine du Cul de Sac. C’est une zone aride, polluée par  la décharge toute proche, sans même un arbre pour s’abriter du soleil. Il n’y a pas d’eau, pas de source ni de puits à proximité. En parallèle, le gouvernement essaye toujours de monter des camps semi permanents pour reloger les sinistrés, mais se heurte à un problème de disponibilité des terres: il n’y a pas d’espace en zone non inondable qui soit suffisamment grand pour accueillir les quelques 200 000 bénéficiaires potentiels…

Camp en cours d'installation

Camp en cours d'installation

Poste de santé à l'entrée d'un camp spontané

Poste de santé à l'entrée d'un camp spontané

Arrivée d'un camion de distribution dans un nouveau camp

Arrivée d'un camion de distribution dans un nouveau camp

Le centre ville: village de tentes installées sur une zone "viabilisée" au rouleau compresseur

Le centre ville: village de tentes installées sur une zone "viabilisée" au rouleau compresseur

Rue du centre ville: les petits commerces reprennent vie

Rue du centre ville: les petits commerces reprennent vie

Il reste un petit problème d'assainissement et de gestion des déchets solides...

Il reste un petit problème d'assainissement et de gestion des déchets solides...

Quel futur pour Port au Prince?

Quel futur pour Port au Prince?