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Lomo for ever

07/05/2009

Le Lomo… Véritable outil créatif ou arnaque ?

Au début des années 90 juste après la chute du mur de Berlin, j’ai eu l’occasion de voyager en Pologne. Au marché aux puces de Gdansk, toute l’armée rouge était à vendre. J’ai fait l’acquisition de nombreuses médailles soviétiques, d’un casque de combat frappé de l’étoile rouge, d’une montre d’aviateur (qui a marché 3 jours), j’ai hésité devant une coiffe de tankiste avec ses boudins caractéristiques, et j’ai  déniché un drôle de petit appareil photo dont je ne savais rien mais qui ressemblait furieusement au Minox de mes rêves qui était à l’époque bien au dessus de mes moyens… Objectif fixe de 32 mm, boitier rustique, origine soviétique: il n’en fallait pas plus l’achat fut impulsif. J’ai bien fait 2 ou 3 rouleaux avec, dont je dois dire que je ne garde aucun souvenir : certainement avais-je jugé les photos sans intérêt, fades et sans piqué… Naïveté de la jeunesse, j’étais passé à coté du phénomène sans déceler le potentiel créatif de la chose ! Ce premier Lomo (le vrai de vrai, 100% soviet) a donc disparu au fond du grenier et quelques mois plus tard je me suis offert un vrai Mionx 35 mm. Des années plus tard, au siècle suivant pour tout dire, je tombe dans la presse spécialisée sur un article ventant les mérites de la photographie « alternative »… En première page, un Lomo, mon Lomo ! J’habitais à l’époque en Afrique et étais de ce fait passé un peu à coté du « revival » lomographique (oui dans le bush sans internet on a vite fait de rater des choses essentielles). Bref, au prochain retour en France, je fis l’acquisition d’un Néo - Lomo « made in China » et m’empressai de faire quelques films en Sierra Leone. Le résultat… hum à vous de voir. Moi j’aime bien le coté brouillon et la surprise au développement. En fait lorsque je prend la photo je ne sais jamais si l’appareil déclenche ou pas… Depuis l’appareil m’accompagne partout car il est petit et discret. Il est aussi toujours amusant d’acheter des films et de les faire développer dans les labos d’Afrique ou d’Haïti: les chimies sont antédiluviennes, les films périmés ou stockés depuis des années en plein soleil… les résultats sont variables mais des fois il y a de bonnes surprises.

bracage à Freetown - 2007 (tentative de traitement croisé)

Braquage à Freetown - 2007 (tentative de traitement croisé)

Petite vendeuse de souvenirs - Laka Beach, 2007

Petite vendeuse de souvenirs - Laka Beach, 2007

Lessive à la rivière de Georges Brook, 2007

Lessive à la rivière de Georges Brook, 2007

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Lessive à la source de Dworzak, Freetown, 2007

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Captage de source « maison » quelque part sur les hauteurs de Freetown, 2007.

lessive-lomoLessive, Freetown, 2007

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Georges Brook, Freetown, 2007

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Moi même en forêt, début 2008

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En voiture vers Georges Brook, 2007

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Laka Beach, 2007

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Kroo Bay, Freetown, 2008

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Marchandage chez un tailleur, Aberdeen, 2007

(TO BE CONTINUED…)

Life in the Ghetto

25/04/2009

Freetown, Sierra Leone.

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La population de Freetown a presque doublée en moins de dix ans, conséquence de la guerre au Sierra Leone et au Liberia voisin.

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A la recherche de morceaux de cuivre qu’il pourra revendre pour que sa famille puisse acheter un peu de riz.

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Wata Na Life!

18/04/2009

Sierra Leone: Wata Na Life, l’eau c’est la vie!

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

La guerre civile qui a duré de 1999 à 2002 a fait d’énormes dégâts sur un parc d’infrastructures d’accès à l’eau potable déjà bien mal entretenu. Dans les années 60 – 70 à l’époque où la Sierra Leone était en plein boom économique, de gros efforts avaient été faits pour développer des réseaux d’adduction d’eau potable dans toutes les grandes villes et même certaines zones rurales. Ces réseaux n’ont pas été bien entretenus, et sont petit à petit tombés en décrépitude. La guerre a faite le reste.

Aujourd’hui, dans une ville comme Freetown la capitale qui compte environ 800 000 habitants, 40%  de la population vit en dehors de la zone de couverture du réseau municipal.

Dans les campagnes, la situation n’est guère plus réjouissante même si de gros efforts ont été faits par le gouvernement et les ONG internationales. Mais on est loin du standard d’un puits pour 250 utilisateurs ou même d’un puits par village.

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Un puits « moderne » ou « protégé » construit par une ONG internationale dans la région de Bo.  Il s’agit d’un puits profond d’une quinzaine de mètres, creusé à la main et renforcé d’un cuvelage en béton. Le tout est couvert d’un margelle et d’une dalle aussi en béton et équipé d’une pompe à bras (ici de marque Kardia). Le tout garanti une protection parfaite de l’eau contenue dans le puits, qui est ainsi à l’abri des contaminations d’origine fécales ou autre.

Un des gros problèmes dans ces zones de l’Est du pays est que durant la guerre il était courant, pour faire fuir les villageois, de jeter des cadavres d’hommes ou d’animaux dans les puits. Des années après la fin de la guerre les habitants se souviennent encore des puits ainsi contaminés et ne veulent toujours pas boire de cette eau. Du coup il est impossible de rénover le puits (alors que techniquement un curetage suivit d’une décontamination au chlore serait possible) et il ne reste plus qu’à en creuser un autre…

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d’eau: comme souvent dans l’Afrique rurale, ce sont des  jeunes filles qui sont chargées de la collecte de l’eau. Il leur faut parfois marcher des heures pour aller chercher quelques litres d’une eau pas toujours potable.

Ce sont autant d’heures qui sont perdues pour le développement personnel, la lecture, l’étude ou la vie de famille.

L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’être humain.

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

En ville comme ici à Kroo Bay un quartier populaire de Freetown, l’eau est distribuée par un système de branchements à domicile et de robinets publiques. L’eau est traitée au chlore par la compagnie municipale (Guma Valley Water Company) mais à cause de la décrépitude du réseau de distribution elle n’est pas toujours propre à la consommation au point de distribution.

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

En ville comme à la campagne, ce sont les femmes et les enfants qui vont puiser l’eau. Ici à deux pas du Stade National de Freetown l’environnement sanitaire du point d’eau est plus que douteux: chaque année à la fin de la saison des pluies le choléra fait son apparition…

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

L’unique point d’eau du quartier: un tuyau crevé venu d’on ne sait où amène un filet d’eau souillée.

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective dans la quartier de Suzanne’s Bay (Freetown). Cette photo a été prise en 2008, déclarée par l’ONU « année internationale de l’assainissement ».

L’accès à l’eau de qualité et en quantité suffisante est un droit fondamental inscrit dans plusieurs conventions internationales.

Hélas le 22 Mars dernier, à la fermeture du Forum mondial de l’eau d’Istanbul, les Etats Unis et quelques autres états (dont le Brésil) se sont opposés à la  reconnaissance d’un « droit humain fondamental à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». Faute de consensus sur ce sujet  la résolution finale n’évoque pas ce droit.