… Au bout de la route, il y a un autre réalité de ce qu’est devenu Haïti aujourd’hui: des gens qui vivent hors du temps et de l’espace, dans des zone enclavées, avec peu de liens avec le monde extérieur. L’aide humanitaire ou le développement n’arrivent en général pas jusqu’à eux car, pour amener un sac de riz il faut au moins une route…
Nous partons à la découverte de la bande côtière de la pointe nord ouest d’Haïti. Les gens ici vivent essentiellement de la pèche et de la production de charbon: la déforestation est un problème majeur. L’accès à l’eau potable est aussi difficile car il y a peu de sources et elles sont souvent loin des habitations.

Village du bout du monde à deux jets de pierre des côtes cubaines.

Eux vivent à l'écart du village et n'ont d'autre ressource que la mer.

Lorsque la mer est grosse ou si les hommes sont trop faibles pour aller pécher, ils n'ont plus rien à manger.

Mère Courage: Mary vit seule avec ses huit enfants et en attend un neuvième.

Son mari est décédé il y a quelques mois et elle s'occupe seule de la famille. En attendant le petit dernier.

Le point d'eau le plus proche est à une heure de marche. Les champs sont secs car il n'a pas plu depuis des mois.

Stress hydrique: c'est quand il n'y a plus d'eau. Les seules sources pérennes sont de maigres filets qu'il faut utiliser pour la boisson, la toilette, la cuisine...
Ce sont les enfants qui sont de corvée d’eau, parfois il faut marcher une à deux heures pour arriver à la source. Autant d’heures perdues pour l’éducation, la lecture ou le développement personnel. L’accès à l’eau potable est pourtant un droit humain fondamental, reconnu par l’observation Générale N° 15 des Nations Unies de novembre 2002 qui précise que « le droit à l’eau garantie à chaque être humain de disposer pour son usage personnel et domestique d’une eau abordable, accessible et saine, en quantité suffisante et de qualité acceptable«
L’autre problème majeur de la région, c’est la déforestation. Les habitants n’ont souvent aucune autre source de revenus que le charbon de bois. Tous sont convaincus des dangers du déboisement, et tous savent que plus l’on coupe les arbres moins l’eau s’infiltre dans le sol. Le lien est clairement établis dans tous les esprits entre perte du couvert végétal et épuisement des sources. Pourtant, les besoins à court terme, la nécessite de nourrir ses proches font que des centaines de familles dépendent de la fabrication de charbon uniquement pour leur survie.

Fabrication du charbon de bois. Des millions d'haïtiens font leur cuisine au charbon. Il faut d'urgence introduire d'autres technologies, subventionner le gaz ou l'électricité.

Il reste moins de 2% du couvert végétal du pays.

Consternation: ils découvrent que des inconnus ont abattus un Mapou centenaire à la sortie de leur village.
Peut-on encore sauver Haïti? J’en suis convaincu (sinon je ne serai pas là!) mais je crois qu’il faut vraiment mettre le paquet et vite car dans certaines régions le point de non retours est atteint: pour faire pousser des arbres il faut au moins un peu de terre. C’est aussi bien évidement un problème social et économique. Il faut mettre fin à la misère pour que les gens aient une autre alternative que le charbon. Cela ne peut se faire qu’au prix d’un effort massif de la communauté internationale et d’une mobilisation de tous les haïtiens.