Les couleurs de l’Afrique
Sélection de photos en couleurs

Man O War Bay (Sierra Leone)

Bujumbura (Burundi)

Makeni (Sierra Leone)
Makeni (Sierra Leone)
Stade National de Freetown (Sierra Leone)
Décoration pour voitures et motos (Sierra Leone)
Sélection de photos en couleurs

Man O War Bay (Sierra Leone)

Bujumbura (Burundi)

Makeni (Sierra Leone)
Makeni (Sierra Leone)
Stade National de Freetown (Sierra Leone)
Décoration pour voitures et motos (Sierra Leone)
La pluie seule est divine (André Breton).
Mais la saison des pluies en Afrique de l’ouest, ça c’est quelque chose…
Le Pont de Kabala en saison sèche…
Le même en saison des pluies:


Soir d’orage sur la baie de Freetown.

Pluie de fin d’après midi sur Makeni




Le Lomo… Véritable outil créatif ou arnaque ?
Au début des années 90 juste après la chute du mur de Berlin, j’ai eu l’occasion de voyager en Pologne. Au marché aux puces de Gdansk, toute l’armée rouge était à vendre. J’ai fait l’acquisition de nombreuses médailles soviétiques, d’un casque de combat frappé de l’étoile rouge, d’une montre d’aviateur (qui a marché 3 jours), j’ai hésité devant une coiffe de tankiste avec ses boudins caractéristiques, et j’ai déniché un drôle de petit appareil photo dont je ne savais rien mais qui ressemblait furieusement au Minox de mes rêves qui était à l’époque bien au dessus de mes moyens… Objectif fixe de 32 mm, boitier rustique, origine soviétique: il n’en fallait pas plus l’achat fut impulsif. J’ai bien fait 2 ou 3 rouleaux avec, dont je dois dire que je ne garde aucun souvenir : certainement avais-je jugé les photos sans intérêt, fades et sans piqué… Naïveté de la jeunesse, j’étais passé à coté du phénomène sans déceler le potentiel créatif de la chose ! Ce premier Lomo (le vrai de vrai, 100% soviet) a donc disparu au fond du grenier et quelques mois plus tard je me suis offert un vrai Mionx 35 mm. Des années plus tard, au siècle suivant pour tout dire, je tombe dans la presse spécialisée sur un article ventant les mérites de la photographie « alternative »… En première page, un Lomo, mon Lomo ! J’habitais à l’époque en Afrique et étais de ce fait passé un peu à coté du « revival » lomographique (oui dans le bush sans internet on a vite fait de rater des choses essentielles). Bref, au prochain retour en France, je fis l’acquisition d’un Néo - Lomo « made in China » et m’empressai de faire quelques films en Sierra Leone. Le résultat… hum à vous de voir. Moi j’aime bien le coté brouillon et la surprise au développement. En fait lorsque je prend la photo je ne sais jamais si l’appareil déclenche ou pas… Depuis l’appareil m’accompagne partout car il est petit et discret. Il est aussi toujours amusant d’acheter des films et de les faire développer dans les labos d’Afrique ou d’Haïti: les chimies sont antédiluviennes, les films périmés ou stockés depuis des années en plein soleil… les résultats sont variables mais des fois il y a de bonnes surprises.

Lessive à la source de Dworzak, Freetown, 2007

Captage de source « maison » quelque part sur les hauteurs de Freetown, 2007.
Lessive, Freetown, 2007

Georges Brook, Freetown, 2007

Moi même en forêt, début 2008

En voiture vers Georges Brook, 2007

Laka Beach, 2007

Kroo Bay, Freetown, 2008

Marchandage chez un tailleur, Aberdeen, 2007
(TO BE CONTINUED…)
Freetown, Sierra Leone.
La population de Freetown a presque doublée en moins de dix ans, conséquence de la guerre au Sierra Leone et au Liberia voisin.
A la recherche de morceaux de cuivre qu’il pourra revendre pour que sa famille puisse acheter un peu de riz.

On trouvait dans la région de Bo jusqu’en 2007 des camps de réfugiés qui avaient fuit les combats dans leur pays, le Liberia frontalier avec la Sierra Leone. Ces camps étaient devenus au fil des années de véritables petites villes où des familles entières ont vécu, travaillé la terre, se sont marié, ont enfanté… puis un beau jour la guerre fût terminée, les camps ont été vidés et tout le monde est rentré au Liberia, sauf une poignée d’irréductibles qui avaient certainement de bonnes raison de ne pas vouloir rejoindre leur pays d’origine.
Ces photos on été prises dans les différents camps de la région de Bo en Sierra Leone.
La guerre civile qui a duré de 1999 à 2002 a fait d’énormes dégâts sur un parc d’infrastructures d’accès à l’eau potable déjà bien mal entretenu. Dans les années 60 – 70 à l’époque où la Sierra Leone était en plein boom économique, de gros efforts avaient été faits pour développer des réseaux d’adduction d’eau potable dans toutes les grandes villes et même certaines zones rurales. Ces réseaux n’ont pas été bien entretenus, et sont petit à petit tombés en décrépitude. La guerre a faite le reste.
Aujourd’hui, dans une ville comme Freetown la capitale qui compte environ 800 000 habitants, 40% de la population vit en dehors de la zone de couverture du réseau municipal.
Dans les campagnes, la situation n’est guère plus réjouissante même si de gros efforts ont été faits par le gouvernement et les ONG internationales. Mais on est loin du standard d’un puits pour 250 utilisateurs ou même d’un puits par village.
Un puits « moderne » ou « protégé » construit par une ONG internationale dans la région de Bo. Il s’agit d’un puits profond d’une quinzaine de mètres, creusé à la main et renforcé d’un cuvelage en béton. Le tout est couvert d’un margelle et d’une dalle aussi en béton et équipé d’une pompe à bras (ici de marque Kardia). Le tout garanti une protection parfaite de l’eau contenue dans le puits, qui est ainsi à l’abri des contaminations d’origine fécales ou autre.
Un des gros problèmes dans ces zones de l’Est du pays est que durant la guerre il était courant, pour faire fuir les villageois, de jeter des cadavres d’hommes ou d’animaux dans les puits. Des années après la fin de la guerre les habitants se souviennent encore des puits ainsi contaminés et ne veulent toujours pas boire de cette eau. Du coup il est impossible de rénover le puits (alors que techniquement un curetage suivit d’une décontamination au chlore serait possible) et il ne reste plus qu’à en creuser un autre…
Corvée d’eau: comme souvent dans l’Afrique rurale, ce sont des jeunes filles qui sont chargées de la collecte de l’eau. Il leur faut parfois marcher des heures pour aller chercher quelques litres d’une eau pas toujours potable.
Ce sont autant d’heures qui sont perdues pour le développement personnel, la lecture, l’étude ou la vie de famille.
L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’être humain.
En ville comme ici à Kroo Bay un quartier populaire de Freetown, l’eau est distribuée par un système de branchements à domicile et de robinets publiques. L’eau est traitée au chlore par la compagnie municipale (Guma Valley Water Company) mais à cause de la décrépitude du réseau de distribution elle n’est pas toujours propre à la consommation au point de distribution.
En ville comme à la campagne, ce sont les femmes et les enfants qui vont puiser l’eau. Ici à deux pas du Stade National de Freetown l’environnement sanitaire du point d’eau est plus que douteux: chaque année à la fin de la saison des pluies le choléra fait son apparition…
L’unique point d’eau du quartier: un tuyau crevé venu d’on ne sait où amène un filet d’eau souillée.
Douche collective dans la quartier de Suzanne’s Bay (Freetown). Cette photo a été prise en 2008, déclarée par l’ONU « année internationale de l’assainissement ».
L’accès à l’eau de qualité et en quantité suffisante est un droit fondamental inscrit dans plusieurs conventions internationales.
Hélas le 22 Mars dernier, à la fermeture du Forum mondial de l’eau d’Istanbul, les Etats Unis et quelques autres états (dont le Brésil) se sont opposés à la reconnaissance d’un « droit humain fondamental à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». Faute de consensus sur ce sujet la résolution finale n’évoque pas ce droit.