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Archives pour la catégorie ‘Humanitaire, Eau Assainissement Hygiène (WASH)’

Décharge de Truitier (Cité-Soleil)

27/02/2010

Les damnés de la terre, les parias, les derniers des oubliés, les voici :  ils vivent et travaillent sur le site de décharge de Truitier, à coté de Cité Soleil à la sortie de Port au Prince.

Décharge de Truitier, février 2010

Décharge de Truitier, février 2010

Chaque jour une nuée de camions déverse ici les ordures de Port au Prince. Il n’y a pas d’incinérateur ni de traitement. Tout est trié à la main par une armée de gamins qui récupèrent ce qui peut l’être – en gros tout ce que les cochons et les chèvres  ne mangent pas: métaux, bouteilles en plastique, verre… Malgré le chaos apparent, les choses sont organisées, et la municipalité a appris à gérer la pénurie au mieux avec les moyens du bord et le soutien de quelques ONG. Il manque une vraie politique d’assainissement et de gros investissements pour construire un incinérateur et un centre de tri dignes d’une métropole de deux millions d’habitants.

Recyclage et tri sélectif

Recyclage et tri sélectif

Depuis le séisme le site s’est vu agrémenté de deux nouvelles fosses: une pour les « déchets bio médicaux » (appellation « politiquement correcte » pour désigner les membres amputés dans les opérations d’urgence) et une pour les boues de latrines que les ONG installent en ville car il est impossible de creuser des fosses dans les rues goudronnées et encombrées de réseaux (voir ici). Grâce à ces fosses l’impact environnemental est limité – le site de Truitier est de toute façon déjà contaminé pour des années.

Les maladies respiratoires sont ici largement au desus de la moyenne.

Les maladies respiratoires sont ici largement au dessus de la moyenne.

Consommez, consommez, il en restera toujours quelque chose...

Consommez, consommez, il en restera toujours quelque chose...

Dans le monde, 2,6 milliards de personnes dont 980 millions d’enfants n’ont pas accès au plus élémentaire des réseaux d’assainissement.  L’un des objectifs de développement du millénaire était de réduire par deux le nombre d’être humains sur terre n’ayant pas accès à un service minimum d’assainissement. Malgré les efforts faits (2008 : année internationale de l’assainissement), cet objectif ne sera pas atteint d’ici 2015.

D’après l’UNICEF, le manque d’infrastructures d’assainissement entraine chaque année la mort de 1,5 millions d’enfants. Ceux de Truitier compris.

Voir aussi les photos de la décharge de Freetown (Sierra Leone)

Le Champ de Mars

21/02/2010

Imaginons la place des invalides couverte de réfugiés qui campent sous des abris de fortune… C’est le Champ de Mars, l’un des plus gros camps de sinistrés de Port au Prince, au bas mot 20 000 personnes dépourvues de tout.

L’aide humanitaire a dans un premier temps consisté à fournir de l’eau potable : une dizaine de points de distribution ont été installé, fournis en eau à partir d’un forage situé  sous la « Tour 2004″, en plein cœur de la place.

Tous les jours de nouveaux abris se construisent

Tous les jours de nouveaux abris se construisent

Mis à part l’eau potable, le plus gros problème est l’assainissement: une telle concentration de population nécessite la mise en place de latrines pour éviter la contamination de l’eau par les excrétas. Or ici tout complique l’installation de latrines. D’abord il est impossible de creuser des fosses car les rues sont goudronnées et le sous sol parcouru de réseaux de toutes sortes. Un autre problème est la densité de population qui empêche de déployer des latrines à vidange. Après avoir réfléchis avec les autres acteurs du domaine « eau et assainissement » (WASH), nous sommes tombés d’accord pour dire que la seule solution jouable est l’installation de latrines portables de chantier, qui sont louées à une société de service et nettoyées chaque nuit. Bien qu’ extrêmement cher (environ 20 dollars par jour par latrine…) ce système à l’avantage de pouvoir se déployer rapidement et apporte toutes les garanties environnementales.

Une dame pipi entre en action sous la collone de la constitution

Une dame pipi entre en action sous la colonne de la constitution

Chaque bloc de 10 latrines est placé sous la surveillance d’une « dame pipi » qui distribue le papier hygiénique et qui rappelle aux utilisateurs de bien se laver les mains au robinet installé à coté des latrines. Toutes les études montrent que, dans des cas similaires de camps de réfugiés avec une grosse densité de population, le lavage des mains au savon reste l’outil le plus efficace pour limiter la propagation des maladies à transmission oro fécale.

Nettoyage des latrines

Nettoyage des latrines

Au plein milieu du champs de mars se dresse la « tour 2004″ et au pied de cette tour nous avons installé deux stations de potabilisation, une d’une capacité de 10 m3 / heure, l’autre de 5 m3. Grâce à ces deux stations qui tournent 15 heures par jour, toute la population du Champs de Mars est alimentée en eau. L’eau provient d’un forage de 35 mètres de profondeur, qui servait auparavant à alimenter les fontaines et arrosage des pelouse du palais présidentiel… Cette eau est ensuite transportée par camions au points de distribution. D’ici quelques mois les rotations de camion seront remplacées par un mini réseau gravitaire, si le camp est maintenu sur le Champs de Mars.

Visite de la station de potabilisation avec des journalistes

Visite de la station de potabilisation avec des journalistes

La zone est placée sous la surveillence des parachutistes US

La zone est placée sous la surveillence des parachutistes US

La réponse humanitaire

13/02/2010

Un mois après le séisme du 12 janvier, la réponse humanitaire commence à bien s’organiser. Il s’agit tout simplement de l’une des plus grosses opérations humanitaires de tous les temps, avec ce que cela implique de volume d’activités, de fret, de personnels, etc. Pour ce qui est de mon domaine, l’eau et l’assainissement, dont je suis toujours le coordinateur pour tout le pays, nous sommes passés en quelques jours à Port au Prince de rien à 5 expatriés et 140 employés locaux… En effet, nous n’avions aucun projet sur l’aire métropolitaine avant le séisme, et nous avons perdu tout notre bureau – et un employé – dans la bagarre…  Nous en sommes aujourd’hui à 40 points de distribution d’eau chlorée, 16 camions qui tournent tous les jours, 5 stations de potabilisation installées dont une sous la « Tour 2004″ en plein cœur du Champs de Mars, des dizaines de latrines construites et des promoteurs à l’hygiène qui sillonnent les camps de sinistrés. Avec des problématiques hors normes, qui soulignent le caractère exceptionnel de l’événement: quasi impossibilité de creuser des fosses pour les latrines car les rues sont goudronnées et le sous sol encombré de divers réseaux, manque de place, manque de matériaux de construction, etc.

Réservoir souple de 10 m3 sur la place du Champs de Mars

Réservoir souple de 10 m3 sur la place du Champs de Mars

Distribution d'eau potable, Léogane

Distribution d'eau potable, Léogane

Nous aussi dormons sous la tente: le jardin de la maison est devenu un camping municipal qui abrite une quarantaine d'expatriés...

Nous aussi dormons sous la tente: le jardin de la maison est devenu un camping municipal qui abrite une quarantaine d'expatriés...

Unité de potabilisation (capacitée : 10 m3 / heure)

Unité de potabilisation (capacité : 10 m3 / heure)

Controle de la qualité de l'eau sur site

Controle de la qualité de l'eau sur site

En plus de la réponse humanitaire classique on note un impressionnant déploiement de l’armée américaine avec des moyens aéroportés assez incroyables (pour les amateurs…).

UH 60 "Black Hawk" au dessus du palais présidentiel

UH 60 "Black Hawk" au dessus du palais présidentiel

Hélicoptère de transport lourd CH 53 E Super Stalion

Hélicoptère de transport lourd CH 53 E Super Stalion

En patrouille vers l'aéroport.

En patrouille vers l'aéroport.

12 janvier 2010H

07/02/2010

Suite au séisme du 12 janvier  que j’ai vécu en direct à Port au Prince ce blog n’était plus à jour car je n’avais plus d’internet. Avec mes excuses aux lecteurs, je reprend le fil des événements…

Une pensée pour tous ceux qui ont perdu des proches ou ont été physiquement atteints par ce drame qui nous a tous touché profondément.

Ce qu'il reste du bureau...

Ce qu'il reste du bureau...

Le 12 janvier à 16 heures 50 j’étais en train de téléphoner à une collègue exactement derrière cette voiture, sous la véranda. Dès la première fraction de seconde j’ai compris en sentant le sol vibrer qu’il s’agissait d’une secousse et j’ai hurlé dans le téléphone « putain un tremblement de terre » avant de me jeter dehors. L’instant d’après le bureau s’effondre juste dans mon dos. Pour avoir de nombreuses fois participé à des réunions de préparation aux désastres avec la Protection Civile haïtienne, je savais que Port au Prince est une zone sismique et que le « big one » nous pendait au nez. Du coup j’ai compris tout de suite ce qui était en train de se passer… L’immédiate suite fut un nuage de poussière impressionnant. Je me suis relevé, et comme dans les BD j’ai compté mes bras et mes jambes… puis j’ai appelé mes collègues, qui étaient eux à l’étage et du coup sont tombés avec le bureau. Des voix ont répondu et j’ai vu des silhouettes couvertes de plâtre sortir des décombres… Un rapide comptage nous montre que nous sommes tous là sauf un employé manquant à l’appel dont nous ne savons pas s’il est encore dessous ou pas. Impossible de s’aventurer sous les décombres pour le secourir d’autant plus que les répliques sont nombreuses. Aucun téléphone ne fonctionne et tous n’avons qu’une obsession: contacter nos proches, nos femmes,  nos familles restés à la maison ou au pays dont nous sommes sans nouvelles. La situation a première vue ne semble pas des plus optimistes: dans le quartier du Canapé Vert où nous nous trouvons, toutes les maisons sont par terre. Un voisin crie que sa femme est sous les décombres. Le toit de sa maison, une dalle en béton, est posé comme un crêpe sur le sol. Tout ce qui est dessous est écrabouillé. Les gens sont tous dans la rue et semblent frappés d’hébétude. De proche  en loin montent des quantiques et des prières en créole, tandis que la fumée des incendies obscurcie le ciel : les mots « fin du monde » raisonnent dans ma tête avec soudainement une tout autre signification, beaucoup plus concrète…

Première nuit à la belle étoile...

Première nuit à la belle étoile.

Les 20 minutes de marche qui séparent le bureau de la maison furent les plus longues et les plus angoissantes de ma vie. D’abord, la terreur absolue avec une question unique: allai-je retrouver vivante mon amie et les autres habitants de la maison? Ensuite, une vision dantesque, au sens propre: des damnées errent dans les rues, abattus, couverts de sang et de poussière, sans but ni assistance. Les morts et les blessés jonchent les rues. Aucune ambulance, aucun camion de pompier ne peut passer dans ces rues étroites jonchées de gravats. A tel ou tel carrefour on entasse bien morts et vivants dans un pickup ou un taxi collectif, mais où aller ensuite?

Arrivé vers Paco le quartier résidentiel où nous habitons je reprends un peu d’espoir: les maisons sont moins touchées, l’endroit semble avoir été relativement épargné. De fait, du bout de la rue j’aperçois notre maison, debout et devant la porte une silhouette familière… Soulagement, embrassade, enfin le sentiment de s’en être tirés se concrétise. Mais déjà il faut s’organiser pour la nuit. Hors de question de dormir dans la maison, dont une rapide inspection me confirme qu’elle est fissurée en plusieurs endroits. Il faut bivouaquer dehors. Et pour cela, récupérer les « malles sécu » qui renferment radio, lampes torche et nourriture. Alors que je sors la dernière malle, une  réplique me fait encore faire un sprint record… Enfin nous nous installons, sur des fauteuil, bien au milieu du jardin là où rien ne peut nous tomber dessus. Plus tard nous recevons enfin un appel de mon collègue qui confirme que sa famille est OK et regroupée chez lui. Nous sommes alors pleinement rassurés car nous étions sans nouvelle de son fil et de sa femme.

La ville est étrangement calme mais à chaque réplique nous entendons au loin les hurlements de terreur de la foule. Le téléphone ne passe toujours pas. Nous écoutons RFI. Vers minuit la nouvelle commence à tomber. Minuit ici, 6 heures du matin en Europe: nos proches au pays vont avoir un réveil difficile…

Ce qu'il reste d'un hôpital à coté du bureau.

Ce qu'il reste d'un hôpital à coté du bureau.

Dès le lendemain, nous nous retrouvons avec le reste de l’équipe au bureau pour un point complet. Nous n’osons pas nous aventurer pour récupérer nos affaires. De mon coté, j’ai perdu mon ordi, mes papiers, ma CB, mon argent, toutes mes archives professionnelles… (Je devrai plus tard en retrouver une partie lors d’une mission de sauvetage opérée par un super logisticien, merci à lui). L’après-midi, je participe à une première réunion du « Cluster WASH », un groupe de travail regroupant les agences des Nations Unies et les ONG opérant dans le domaine de l’eau et assainissement: nous sommes alors opérationnels et dès le lendemain, les opérations de fourniture d’eau en urgence commencent.

Chateau d'eau

Château d'eau intact: le réseau municipal n'a pas trop souffert

Plusieurs axes de travail se dessinent: expertiser le réseau municipal et voir si l’on peut ou pas le réparer. Installer des « bladders », sorte de grands réservoirs souples de 5, 10 ou 15 m3, que l’on peut remplir d’eau à partir de camions citernes. Installer des stations de potabilisation pour traiter l’eau de boisson. Creuser des fosses pour des latrines. Lancer des campagnes de promotion de l’hygiène dans les sites de regroupement des populations, l’expérience montrant que le lavage des mains est la chose la plus efficace pour limiter les épidémies. Rien n’est simple dans ce contexte, mais chaque jours nous progressons en installant des points de distribution d’eau et des latrines.

Instalation d'un réservoir souple

Installation d'un réservoir souple

Rue du centre ville

Rue du centre ville

Hôpital de campagne des pompiers de Saint Domingue

Hôpital de campagne des pompiers de Saint Domingue

Un jour deux semaines après le séisme, nous croisons une colonne de pompiers français qui semble chercher son chemin. Nous pensons savoir où ils doivent aller: sur les ruines d’un immeuble que nous avons croisé quelques minutes plus tôt, où l’on nous a dit qu’il y avait un survivant. Nous ouvrons la route aux pompiers et les amenons à l’endroit. Ils se déploient aussitôt et réussissent à sauver une gamine de 16 ans qui est restée bloquée 15 jours sous son immeuble…

La sécurité civile française en action

La sécurité civile française en action

Sauvetage

Le sauvetage

Dlo se sous lavi

30/09/2009

La moitié des 8 millions d’haïtiens n’ont pas accès à de l’eau de qualité. Pourtant, la nature du sol et le relief de l’île font que l’on trouve des milliers de sources et de puits artésiens dans tout le pays. Beaucoup de ces sources sont captées et servent à alimenter des petits réseaux d’eau. Le parc d’installations est généralement dans un état précaire, abimé par les cyclones à répétition ou délaissé par les utilisateurs et les structures en charge de la gestion.

Source captée sur les hauteurs de Kenskoff

Source captée sur les hauteurs de Kenskoff

Comme souvent dans d’autres pays, ce sont les femmes et les fillettes qui vont puiser l’eau. Ici elles peuvent aussi utiliser des ânes pour soulager leur fardeau. Les femmes vont chercher l’eau, les hommes ont les cordons de la bourse et décident  de réparer ou pas les infrastructures: de là  à penser que les deux sont liés il n’y a qu’un pas à franchir.

Ce forage ne fonctionne plus depuis des années et devra être rénové.

Ce forage ne fonctionne plus depuis des années et devra être rénové.

Le secteur de l’eau potable en Haïti est actuellement en réforme, depuis le vote par le parlement d’une nouvelle loi visant à redistribuer les rôles de l’ensemble des acteurs: autorité de régulation, exploitant et maitre d’ouvrage. Car, si l’accès à  l’eau potable reste un droit humain (comme je le disait déjà pour la Sierra Leone ici), il semble normal qu’à partir du moment où elle est traitée et distribuée, l’eau soit payante.

Boite de captage dans le Nord Ouest

Boite de captage bonne pour une rénovation

Fontaine publique dans le département du Nord Ouest

Fontaine publique dans le département du Nord Ouest

Les personnes n’ayant pas accès à un puits moderne ou à un réseau utilisent des eaux de surface ou installent chez eux des dispositifs de collecte d’eau de pluie. En ville les gens ont aussi l’habitude d’acheter au gallon de l’eau traitée par osmose inverse.

Forage équipé d'une pompe à bras

Forage équipé d'une pompe à bras

Au milieu coule une source...

Et au milieu coule une source...

Life in the Ghetto

25/04/2009

Freetown, Sierra Leone.

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La population de Freetown a presque doublée en moins de dix ans, conséquence de la guerre au Sierra Leone et au Liberia voisin.

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A la recherche de morceaux de cuivre qu’il pourra revendre pour que sa famille puisse acheter un peu de riz.

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Les Gonaïves

23/04/2009

En Haïti la ville des Gonaïves (200 000 habitants) a été durement frappée par les évènements climatiques extrêmes de Septembre 2008. La rivière La Quinte est sortie de son lit et a inondé une bonne partie de la ville. Lorsque la crue s’est retiré, les eaux chargées de sédiments arrachés aux collines environnantes ont laissé une épaisse couche de boue sur toute la ville. Six mois après le drame, on est toujours en train de nettoyer les rues, de reconstruire les maisons et de ré-activer l’accès aux services de base.

Sur la route...
Sur la route…

Sur la route des Gonaïves, avant d’entrer en ville la route fait une déviation pour éviter le Lac Jeanne, qui s’était formé suite aux inondations de 2004 causées par le cyclone Jeanne. En Haïti, on compte les années en fonction des cyclones…

L' avenue des Dattes en cours de nettoyage
L’ avenue des Dattes en cours de nettoyage

Arrivé dans le centre, ce qui frappe c’est d’abord la boue, partout.  Certaines familles ont véritablement tout perdu en une nuit, d’autres ont du passer plusieurs jours sur le toit de leurs maisons en attendant l’arrivée des secours.

La boue, partout...
La boue, partout…

Dans des situations d’urgence comme celle ci le problème le plus immédiat c’est l’accès à l’eau. Les eaux de surface sont hautement contaminées, et les eaux souterraines le sont aussi en partie car l’inondation a recouvert puits, forages et latrines.

Rampe de distribution d'eau.
Rampe de distribution d’eau.

La distribution d’eau potable en urgence est faite par un système de livraison par camion. Grâce à la mobilisation de tous le pire a été évité: L’épidémie.

Cantine pour les enfants de moins de 5 ans
Cantine pour les enfants de moins de 5 ans

Après l’eau, la nourriture. Afin de prévenir le risque de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, particulièrement à risque dans les semaines après le drame, des cantines sont ouvertes dans toute la ville. On y sert une bouillie spécialement conçue pour pallier aux manques de l’alimentation quotidienne.

Abris temporaire
Abris temporaire

Réfugiés climatiques. Eux ont tout perdu. Ils se sont regroupés dans un entrepôt abandonné et y sont restés de longues semaines en attendant de trouver à se reloger. Mais où?

les Gonaïves vues du ciel
les Gonaïves vues du ciel

Les Gonaïves, vues du ciel: plus une maison intacte, des rues couvertes de boue et à perte de vue un horizon bouché par les collines sans arbres prêtes a verser encore plus de sédiments à la prochaine pluie…

Retour à la vie...
Retour à la vie…

La vie reprend son cours, malgré la précarité du quotidien. Les enfants retournent à l’école en évitant les tas de boue qui encombrement encore les rues.

Aide alimentaire
Aide alimentaire

Pour les plus démunis, l’aide humanitaire reste indispensable.

Camps de Réfugiés du Liberia

19/04/2009

On trouvait dans la région de Bo jusqu’en 2007 des camps de réfugiés qui avaient fuit les combats dans leur pays, le Liberia frontalier avec la Sierra Leone. Ces camps étaient devenus au fil des années de véritables petites villes où des familles entières ont vécu, travaillé la terre, se sont marié, ont enfanté… puis un beau jour la guerre fût terminée, les camps ont été vidés et tout le monde est rentré au Liberia, sauf une poignée d’irréductibles qui avaient certainement de bonnes raison de ne pas vouloir rejoindre leur pays d’origine.

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Ces photos on été prises dans les différents camps de la région de Bo en Sierra Leone.

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Wata Na Life!

18/04/2009

Sierra Leone: Wata Na Life, l’eau c’est la vie!

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

La guerre civile qui a duré de 1999 à 2002 a fait d’énormes dégâts sur un parc d’infrastructures d’accès à l’eau potable déjà bien mal entretenu. Dans les années 60 – 70 à l’époque où la Sierra Leone était en plein boom économique, de gros efforts avaient été faits pour développer des réseaux d’adduction d’eau potable dans toutes les grandes villes et même certaines zones rurales. Ces réseaux n’ont pas été bien entretenus, et sont petit à petit tombés en décrépitude. La guerre a faite le reste.

Aujourd’hui, dans une ville comme Freetown la capitale qui compte environ 800 000 habitants, 40%  de la population vit en dehors de la zone de couverture du réseau municipal.

Dans les campagnes, la situation n’est guère plus réjouissante même si de gros efforts ont été faits par le gouvernement et les ONG internationales. Mais on est loin du standard d’un puits pour 250 utilisateurs ou même d’un puits par village.

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Un puits « moderne » ou « protégé » construit par une ONG internationale dans la région de Bo.  Il s’agit d’un puits profond d’une quinzaine de mètres, creusé à la main et renforcé d’un cuvelage en béton. Le tout est couvert d’un margelle et d’une dalle aussi en béton et équipé d’une pompe à bras (ici de marque Kardia). Le tout garanti une protection parfaite de l’eau contenue dans le puits, qui est ainsi à l’abri des contaminations d’origine fécales ou autre.

Un des gros problèmes dans ces zones de l’Est du pays est que durant la guerre il était courant, pour faire fuir les villageois, de jeter des cadavres d’hommes ou d’animaux dans les puits. Des années après la fin de la guerre les habitants se souviennent encore des puits ainsi contaminés et ne veulent toujours pas boire de cette eau. Du coup il est impossible de rénover le puits (alors que techniquement un curetage suivit d’une décontamination au chlore serait possible) et il ne reste plus qu’à en creuser un autre…

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d’eau: comme souvent dans l’Afrique rurale, ce sont des  jeunes filles qui sont chargées de la collecte de l’eau. Il leur faut parfois marcher des heures pour aller chercher quelques litres d’une eau pas toujours potable.

Ce sont autant d’heures qui sont perdues pour le développement personnel, la lecture, l’étude ou la vie de famille.

L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’être humain.

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

En ville comme ici à Kroo Bay un quartier populaire de Freetown, l’eau est distribuée par un système de branchements à domicile et de robinets publiques. L’eau est traitée au chlore par la compagnie municipale (Guma Valley Water Company) mais à cause de la décrépitude du réseau de distribution elle n’est pas toujours propre à la consommation au point de distribution.

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

En ville comme à la campagne, ce sont les femmes et les enfants qui vont puiser l’eau. Ici à deux pas du Stade National de Freetown l’environnement sanitaire du point d’eau est plus que douteux: chaque année à la fin de la saison des pluies le choléra fait son apparition…

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

L’unique point d’eau du quartier: un tuyau crevé venu d’on ne sait où amène un filet d’eau souillée.

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective dans la quartier de Suzanne’s Bay (Freetown). Cette photo a été prise en 2008, déclarée par l’ONU « année internationale de l’assainissement ».

L’accès à l’eau de qualité et en quantité suffisante est un droit fondamental inscrit dans plusieurs conventions internationales.

Hélas le 22 Mars dernier, à la fermeture du Forum mondial de l’eau d’Istanbul, les Etats Unis et quelques autres états (dont le Brésil) se sont opposés à la  reconnaissance d’un « droit humain fondamental à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». Faute de consensus sur ce sujet  la résolution finale n’évoque pas ce droit.