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Le Champ de Mars

21/02/2010

Imaginons la place des invalides couverte de réfugiés qui campent sous des abris de fortune… C’est le Champ de Mars, l’un des plus gros camps de sinistrés de Port au Prince, au bas mot 20 000 personnes dépourvues de tout.

L’aide humanitaire a dans un premier temps consisté à fournir de l’eau potable : une dizaine de points de distribution ont été installé, fournis en eau à partir d’un forage situé  sous la « Tour 2004″, en plein cœur de la place.

Tous les jours de nouveaux abris se construisent

Tous les jours de nouveaux abris se construisent

Mis à part l’eau potable, le plus gros problème est l’assainissement: une telle concentration de population nécessite la mise en place de latrines pour éviter la contamination de l’eau par les excrétas. Or ici tout complique l’installation de latrines. D’abord il est impossible de creuser des fosses car les rues sont goudronnées et le sous sol parcouru de réseaux de toutes sortes. Un autre problème est la densité de population qui empêche de déployer des latrines à vidange. Après avoir réfléchis avec les autres acteurs du domaine « eau et assainissement » (WASH), nous sommes tombés d’accord pour dire que la seule solution jouable est l’installation de latrines portables de chantier, qui sont louées à une société de service et nettoyées chaque nuit. Bien qu’ extrêmement cher (environ 20 dollars par jour par latrine…) ce système à l’avantage de pouvoir se déployer rapidement et apporte toutes les garanties environnementales.

Une dame pipi entre en action sous la collone de la constitution

Une dame pipi entre en action sous la colonne de la constitution

Chaque bloc de 10 latrines est placé sous la surveillance d’une « dame pipi » qui distribue le papier hygiénique et qui rappelle aux utilisateurs de bien se laver les mains au robinet installé à coté des latrines. Toutes les études montrent que, dans des cas similaires de camps de réfugiés avec une grosse densité de population, le lavage des mains au savon reste l’outil le plus efficace pour limiter la propagation des maladies à transmission oro fécale.

Nettoyage des latrines

Nettoyage des latrines

Au plein milieu du champs de mars se dresse la « tour 2004″ et au pied de cette tour nous avons installé deux stations de potabilisation, une d’une capacité de 10 m3 / heure, l’autre de 5 m3. Grâce à ces deux stations qui tournent 15 heures par jour, toute la population du Champs de Mars est alimentée en eau. L’eau provient d’un forage de 35 mètres de profondeur, qui servait auparavant à alimenter les fontaines et arrosage des pelouse du palais présidentiel… Cette eau est ensuite transportée par camions au points de distribution. D’ici quelques mois les rotations de camion seront remplacées par un mini réseau gravitaire, si le camp est maintenu sur le Champs de Mars.

Visite de la station de potabilisation avec des journalistes

Visite de la station de potabilisation avec des journalistes

La zone est placée sous la surveillence des parachutistes US

La zone est placée sous la surveillence des parachutistes US

La réponse humanitaire

13/02/2010

Un mois après le séisme du 12 janvier, la réponse humanitaire commence à bien s’organiser. Il s’agit tout simplement de l’une des plus grosses opérations humanitaires de tous les temps, avec ce que cela implique de volume d’activités, de fret, de personnels, etc. Pour ce qui est de mon domaine, l’eau et l’assainissement, dont je suis toujours le coordinateur pour tout le pays, nous sommes passés en quelques jours à Port au Prince de rien à 5 expatriés et 140 employés locaux… En effet, nous n’avions aucun projet sur l’aire métropolitaine avant le séisme, et nous avons perdu tout notre bureau – et un employé – dans la bagarre…  Nous en sommes aujourd’hui à 40 points de distribution d’eau chlorée, 16 camions qui tournent tous les jours, 5 stations de potabilisation installées dont une sous la « Tour 2004″ en plein cœur du Champs de Mars, des dizaines de latrines construites et des promoteurs à l’hygiène qui sillonnent les camps de sinistrés. Avec des problématiques hors normes, qui soulignent le caractère exceptionnel de l’événement: quasi impossibilité de creuser des fosses pour les latrines car les rues sont goudronnées et le sous sol encombré de divers réseaux, manque de place, manque de matériaux de construction, etc.

Réservoir souple de 10 m3 sur la place du Champs de Mars

Réservoir souple de 10 m3 sur la place du Champs de Mars

Distribution d'eau potable, Léogane

Distribution d'eau potable, Léogane

Nous aussi dormons sous la tente: le jardin de la maison est devenu un camping municipal qui abrite une quarantaine d'expatriés...

Nous aussi dormons sous la tente: le jardin de la maison est devenu un camping municipal qui abrite une quarantaine d'expatriés...

Unité de potabilisation (capacitée : 10 m3 / heure)

Unité de potabilisation (capacité : 10 m3 / heure)

Controle de la qualité de l'eau sur site

Controle de la qualité de l'eau sur site

En plus de la réponse humanitaire classique on note un impressionnant déploiement de l’armée américaine avec des moyens aéroportés assez incroyables (pour les amateurs…).

UH 60 "Black Hawk" au dessus du palais présidentiel

UH 60 "Black Hawk" au dessus du palais présidentiel

Hélicoptère de transport lourd CH 53 E Super Stalion

Hélicoptère de transport lourd CH 53 E Super Stalion

En patrouille vers l'aéroport.

En patrouille vers l'aéroport.

12 janvier 2010

07/02/2010

Une pensée pour tous ceux qui ont perdu des proches ou ont été physiquement atteints par ce drame qui nous a tous touché profondément.

Ce qu'il reste du bureau...

Ce qu'il reste du bureau...

Le 12 janvier à 16 heures 50 j’étais en train de téléphoner à une collègue exactement derrière cette voiture, sous la véranda. Dès la première fraction de seconde j’ai compris en sentant le sol vibrer qu’il s’agissait d’une secousse et j’ai hurlé dans le téléphone « putain un tremblement de terre » avant de me jeter dehors. L’instant d’après le bureau s’effondre juste dans mon dos. Pour avoir de nombreuses fois participé à des réunions de préparation aux désastres avec la Protection Civile haïtienne, je savais que Port au Prince est une zone sismique et que le « big one » nous pendait au nez. Du coup j’ai compris tout de suite ce qui était en train de se passer… L’immédiate suite fut un nuage de poussière impressionnant. Je me suis relevé, et comme dans les BD j’ai compté mes bras et mes jambes… puis j’ai appelé mes collègues, qui étaient eux à l’étage et du coup sont tombés avec le bureau. Des voix ont répondu et j’ai vu des silhouettes couvertes de plâtre sortir des décombres… Un rapide comptage nous montre que nous sommes tous là sauf un employé manquant à l’appel dont nous ne savons pas s’il est encore dessous ou pas. Impossible de s’aventurer sous les décombres pour le secourir d’autant plus que les répliques sont nombreuses. Aucun téléphone ne fonctionne et tous n’avons qu’une obsession: contacter nos proches, nos femmes,  nos familles restés à la maison ou au pays dont nous sommes sans nouvelles. La situation a première vue ne semble pas des plus optimistes: dans le quartier du Canapé Vert où nous nous trouvons, toutes les maisons sont par terre. Un voisin crie que sa femme est sous les décombres. Le toit de sa maison, une dalle en béton, est posé comme un crêpe sur le sol. Tout ce qui est dessous est écrabouillé. Les gens sont tous dans la rue et semblent frappés d’hébétude. De proche  en loin montent des quantiques et des prières en créole, tandis que la fumée des incendies obscurcie le ciel : les mots « fin du monde » raisonnent dans ma tête avec soudainement une tout autre signification, beaucoup plus concrète…

Première nuit à la belle étoile...

Première nuit à la belle étoile.

Les 20 minutes de marche qui séparent le bureau de la maison furent les plus longues et les plus angoissantes de ma vie. D’abord, la terreur absolue avec une question unique: allai-je retrouver vivante mon amie et les autres habitants de la maison? Ensuite, une vision dantesque, au sens propre: des damnées errent dans les rues, abattus, couverts de sang et de poussière, sans but ni assistance. Les morts et les blessés jonchent les rues. Aucune ambulance, aucun camion de pompier ne peut passer dans ces rues étroites jonchées de gravats. A tel ou tel carrefour on entasse bien morts et vivants dans un pickup ou un taxi collectif, mais où aller ensuite?

Arrivé vers Paco le quartier résidentiel où nous habitons je reprends un peu d’espoir: les maisons sont moins touchées, l’endroit semble avoir été relativement épargné. De fait, du bout de la rue j’aperçois notre maison, debout et devant la porte une silhouette familière… Soulagement, embrassade, enfin le sentiment de s’en être tirés se concrétise. Mais déjà il faut s’organiser pour la nuit. Hors de question de dormir dans la maison, dont une rapide inspection me confirme qu’elle est fissurée en plusieurs endroits. Il faut bivouaquer dehors. Et pour cela, récupérer les « malles sécu » qui renferment radio, lampes torche et nourriture. Alors que je sors la dernière malle, une  réplique me fait encore faire un sprint record… Enfin nous nous installons, sur des fauteuil, bien au milieu du jardin là où rien ne peut nous tomber dessus. Plus tard nous recevons enfin un appel de mon collègue qui confirme que sa famille est OK et regroupée chez lui. Nous sommes alors pleinement rassurés car nous étions sans nouvelle de son fil et de sa femme.

La ville est étrangement calme mais à chaque réplique nous entendons au loin les hurlements de terreur de la foule. Le téléphone ne passe toujours pas. Nous écoutons RFI. Vers minuit la nouvelle commence à tomber. Minuit ici, 6 heures du matin en Europe: nos proches au pays vont avoir un réveil difficile…

Ce qu'il reste d'un hôpital à coté du bureau.

Ce qu'il reste d'un hôpital à coté du bureau.

Dès le lendemain, nous nous retrouvons avec le reste de l’équipe au bureau pour un point complet. Nous n’osons pas nous aventurer pour récupérer nos affaires. De mon coté, j’ai perdu mon ordi, mes papiers, ma CB, mon argent, toutes mes archives professionnelles… (Je devrai plus tard en retrouver une partie lors d’une mission de sauvetage opérée par un super logisticien, merci à lui). L’après-midi, je participe à une première réunion du « Cluster WASH », un groupe de travail regroupant les agences des Nations Unies et les ONG opérant dans le domaine de l’eau et assainissement: nous sommes alors opérationnels et dès le lendemain, les opérations de fourniture d’eau en urgence commencent.

Chateau d'eau

Château d'eau intact: le réseau municipal n'a pas trop souffert

Plusieurs axes de travail se dessinent: expertiser le réseau municipal et voir si l’on peut ou pas le réparer. Installer des « bladders », sorte de grands réservoirs souples de 5, 10 ou 15 m3, que l’on peut remplir d’eau à partir de camions citernes. Installer des stations de potabilisation pour traiter l’eau de boisson. Creuser des fosses pour des latrines. Lancer des campagnes de promotion de l’hygiène dans les sites de regroupement des populations, l’expérience montrant que le lavage des mains est la chose la plus efficace pour limiter les épidémies. Rien n’est simple dans ce contexte, mais chaque jours nous progressons en installant des points de distribution d’eau et des latrines.

Instalation d'un réservoir souple

Installation d'un réservoir souple

Rue du centre ville

Rue du centre ville

Hôpital de campagne des pompiers de Saint Domingue

Hôpital de campagne des pompiers de Saint Domingue

Un jour deux semaines après le séisme, nous croisons une colonne de pompiers français qui semble chercher son chemin. Nous pensons savoir où ils doivent aller: sur les ruines d’un immeuble que nous avons croisé quelques minutes plus tôt, où l’on nous a dit qu’il y avait un survivant. Nous ouvrons la route aux pompiers et les amenons à l’endroit. Ils se déploient aussitôt et réussissent à sauver une gamine de 16 ans qui est restée bloquée 15 jours sous son immeuble…

La sécurité civile française en action

La sécurité civile française en action

Sauvetage

Le sauvetage

Hmong du Viet Nam

07/11/2009

J’ai habité quelques années au Viêt Nam. J’y ai surtout croisé les Hmong, peuple fabuleux qui vivent dans les montagnes du Nord le long de la frontière chinoise. De loin les gens les plus attachants, authentiques et passionnants qu’il m’ait été donné de rencontrer.

femmes hmong

Femmes hmong de la région de Lao Cai.

jeune-hmong

Jeune mère et son enfant.

forgeron

Hang A Pao, forgeron du village de Lao Chai. J’avais passé quelques semaines avec lui car je voulais apprendre l’art de la forge, qui m’a toujours passionné. Un jour je quitte le village pour passer le week end en ville. A mon retour, je découvre le village désert et la maison de mon professeur, vide. Tout le monde était réunis au cimetière pour mettre en terre le vieux forgeron, foudroyé le temps du week end par un mal mystérieux.

fusil

Le fameux fusil hmong, chef d’œuvre des forgerons qui le fabriquent entièrement à la main sans autre outil qu’un marteau et une enclume… Utilisé pour la chasse et parfois la guerre, il est mortel a moins de 30 mètres. Les plombs sont faits de fil de fer coupé en petits morceaux et la poudre d’un mélange de soufre, de salpêtre et de charbon. Tous les jeunes hommes apprennent son maniement et les concours de tir sont une distraction appréciée de tous.

rat

Retour de chasse: un rat de cocotier qui fera un excellent barbecue.

transport-de-bois

Habiles forgerons, les hmong sont de plus des menuisiers hors pair. Leurs maisons sont faites de centaines de planches d’un bois imputrescible (un genre de cyprés, le Po Mu) taillées une à une sans autre outil qu’une petite hache

maison

Bien que les Hmong soient rangés dans la catégorie « nomades » par les ethnologues, leurs maisons sont de véritables bunkers faits de bois imputrescible: celle-ci a plus d’un siècle d’existence. Pourtant les Hmong ont la réputation de quitter leur village pour s’installer ailleurs à la moindre alerte, mauvaise récolte ou maladie. Et cette réputation n’est pas exagérée. Paradoxe? Non car la maison est, pour un Hmong, bien plus qu’un abris contre les intempéries. C’est avant tout une protection surnaturelle, une carapace qui met à l’abri des mauvais génies qui, chez les peuples animistes, règnent sur la nature environnante.

Peuple errant, sans terre, sans écriture, sans royaume et sans religion révélée, mais sans cesse confronté aux grandes civilisations asiatiques possédant elles ces attributs (Han, Viet, Thai…) les Hmong se sont en quelque sorte retranchés dans leurs maisons, qui sont devenues de véritables sanctuaires. Observez une maison hmong: vous n’y verrez ni fenêtre ni ouverture (à part la porte d’entrée que l’on referme toujours derrière soi). Espace clos, carapace protectrice, chaque poutre, lit ou armoire y abrite un génie domestique, protecteur de la maisonnée et de ses richesses. Un Hmong du Nord Viêt Nam ne se sent parfaitement à l’aise et détendu que chez lui, assis en famille au coin du feu, entouré des siens, de ses ancêtres et de ses génies protecteurs.

TO BE CONTINUED…..

Author: Julien Categories: Vietnam Tags:

Sur les hauteurs de Pétion Ville.

12/10/2009

Que faire le dimanche à Port au Prince?

Monter en voiture à Kenskoff, sur les hauteurs de Pétion Ville. Un petit paradis loin du bruit et de l’agitation de la ville. Loin de la chaleur surtout, car on monte directement du niveau de la mer a 1500 m d’altitude.

Jeunes cavaliers sur la route de Kenskoff

Jeunes cavaliers sur la route de Kenskoff

Village d'altitude dans les mornes

Village d'altitude dans les mornes

Sur la route on peut s’arrêter sur les hauteurs de Fermathe pour visiter le Fort Jacques, construit par Pétion après l’indépendance pour dissuader les français d’un retour par la mer sur l’île. Le fort domine la rade de Port Au Prince, et l’on peut voir les navires arriver de loin du moins quand il n’y a pas trop de brouillard…

Fort Jacques

Fort Jacques

L'interieur du fortin

L'intérieur du fortin

Pour ceux que les monuments historiques ne passionnent pas on peut aussi passer un bon moment typiquement haïtien: se prélasser au son des tambourinaires en sirotant un petit rhum. D’ailleurs les musicos sont les premiers consommateurs…

Un après midi typiquement haïtien...

Un après midi typiquement haïtien...

Suite à quoi il n’y a plus qu’à rentrer…

cavaliers

Author: Julien Categories: Haïti Tags:

Dlo se sous lavi

30/09/2009

La moitié des 8 millions d’haïtiens n’ont pas accès à de l’eau de qualité. Pourtant, la nature du sol et le relief de l’île font que l’on trouve des milliers de sources et de puits artésiens dans tout le pays. Beaucoup de ces sources sont captées et servent à alimenter des petits réseaux d’eau. Le parc d’installations est généralement dans un état précaire, abimé par les cyclones à répétition ou délaissé par les utilisateurs et les structures en charge de la gestion.

Source captée sur les hauteurs de Kenskoff

Source captée sur les hauteurs de Kenskoff

Comme souvent dans d’autres pays, ce sont les femmes et les fillettes qui vont puiser l’eau. Ici elles peuvent aussi utiliser des ânes pour soulager leur fardeau. Les femmes vont chercher l’eau, les hommes ont les cordons de la bourse et décident  de réparer ou pas les infrastructures: de là  à penser que les deux sont liés il n’y a qu’un pas à franchir.

Ce forage ne fonctionne plus depuis des années et devra être rénové.

Ce forage ne fonctionne plus depuis des années et devra être rénové.

Le secteur de l’eau potable en Haïti est actuellement en réforme, depuis le vote par le parlement d’une nouvelle loi visant à redistribuer les rôles de l’ensemble des acteurs: autorité de régulation, exploitant et maitre d’ouvrage. Car, si l’accès à  l’eau potable reste un droit humain (comme je le disait déjà pour la Sierra Leone ici), il semble normal qu’à partir du moment où elle est traitée et distribuée, l’eau soit payante.

Boite de captage dans le Nord Ouest

Boite de captage bonne pour une rénovation

Fontaine publique dans le département du Nord Ouest

Fontaine publique dans le département du Nord Ouest

Les personnes n’ayant pas accès à un puits moderne ou à un réseau utilisent des eaux de surface ou installent chez eux des dispositifs de collecte d’eau de pluie. En ville les gens ont aussi l’habitude d’acheter au gallon de l’eau traitée par osmose inverse.

Forage équipé d'une pompe à bras

Forage équipé d'une pompe à bras

Au milieu coule une source...

Et au milieu coule une source...

Haïti au Mamiya

24/07/2009
Hommage à Wayne Shorter (album Speak No Evil, Blue Note 1964)

Hommage à Wayne Shorter (album Speak No Evil, Blue Note 1964)

Mama Mia!

Le Mamiya C 330 (comme son petit frère le C 220) est l’un des derniers appareils bi-objectifs a avoir été produit: sa fabrication s’est arrêtée en 1974 (plus d’infos ici) et d’autres versions on été produites jusque dans les années 80. Il constitue une bonne  introduction au monde du moyen format argentique car à la différence des Rolleiflex des années 50 les Mamiya sont généralement encore en bon état mécanique car produits plus récemment. Leur solidité est légendaire. Ils offrent de plus la particularité de pouvoir changer l’objectif sans avoir à terminer le film.

Le seul désavantage du Mamiya est son encombrement et son poids : dans les deux kilos avec l’objectif, de quoi décourager plus d’une ballade. Sans compter qu’il vaut mieux s’armer d’un pieds pour fignoler cadrage et mise au point. Et pourtant… quel plaisir de s’arrêter, d’étudier le paysage, de voir la lumière changer pour attendre le bon moment, de cadrer, d’attendre encore l’apparition d’un personnage dans le cadre… pour s’apercevoir au moment de déclencher qu’on a laissé la sécurité engagée, ou qu’on a oublié d’armer, ou de renseigner les « zazas » sur la cellule ou de corriger l’indicateur de parallaxe… et oui rien n’est automatique ici et au début il y a un peu de déchet! Mais il ne faut pas se décourager, les vielles habitudes reviennent vite et au bout de quelques rouleaux on arrive a des résultats satisfaisants. Comme par exemple  avec pécheurs pris au petit matin sur la côte des Arcadins entre Montrouis et Saint Marc (film Tmax 400 iso, f. 16).

Relever les filets (1)

Relever les filets (1)

Relever les filets (2)

Relever les filets (2)

Ici quelques prises de vues en couleurs effectuées avec un objectif 80 mm, soit un grand angle en 24×36 (dans les 35 mm je crois). Film: Kodak 160 Natural Colors. Ouverture à  f. 16 en général.

Miragoane (Haïti), 2009

Miragoane (Haïti), 2009

Miragoane (Haïti), 2009

Miragoane (Haïti), 2009

Le port de Miragoane

Le port de Miragoane

Miragoane

Miragoane

Jeune berger, Montagne Lavu, Haïti (2009)

Jeune berger, Montagne Lavu, Haïti (2009)

Voila pour la couleur. On peut bien entendu aussi faire du noir et blanc, ici avec une Ilford FP4+. Bon pour le N et B c’est encore plus exigeant surtout en ce qui concerne le développement et la numérisation des cliché. Pour le moment j’ai pas grand chose  à publier si ce n’est ces photos:

Case créole, Grand Goave (2009)

Case créole, Grand Goave (2009)

Case créole, Grand Goave (2009)

Case créole, Grand Goave (2009)

A suivre!

Author: Julien Categories: Haïti, Mamyia Tags: , ,

More Lomo

18/07/2009
Rivière La Quinte vers les Gonaïves

Rivière La Quinte vers les Gonaïves

Voici quelques clichés pris au Lomo en Haïti. Le Lomo c’est ce petit appareil d’origine soviétique dont j’ai déjà parlé ici. Il est toujours amusant d’essayer des films et de les faire développer dans des pays comme Haïti: en général ils sont périmés depuis des lustres et les résultats peuvent être assez surprenants.Ici une photo typique de « l’effet Lomo »: vignetage marqué sur les bords (zones sombres sur les cotés de la photo), couleurs saturées et lignes déformées par le grand angle (32 mm).

Lavoir municipal

Lavoir municipal

Ici une photo dont le négatif était tellement abimé après le passage entre les mains d’un laborantin peu scrupuleux qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’accentuer le coté rétro et « déglingué » pour en faire un vieux tirage…

Le négatif original...

Le négatif original...

Le même après un petit passage chez Photoshop...

Le même après un petit passage chez Photoshop...

Le « Scan du pauvre »

Pas facile lorsque l’on est en déplacement de scanner ses négatifs et les labos sur place n’offrent pas toujours ce service. Reste la solution du « scan du pauvre »: photographier en macro le négatif. Pas si simple qu’il n’y parait à première vue mais peut être utile. Il y a plusieurs techniques mais la plus simple est de scotcher le négatif sur une vitre bien propre si possible en hauteur pour ne pas avoir de d’arrière plan trop encombré. S’il y a du soleil on peut avoir des résultats intéressants comme sur cet exemple:

Maison de plage (Freetown)

Maison de plage (Freetown)

Author: Julien Categories: Haïti, Lomo Tags: ,

Animaux Haïti

06/07/2009

Haïti Nature

Haïti n’est pas a priori un endroit particulièrement attractif pour la photographie animalière tant l’environnement y est dégradé. On trouve cependant deux ou trois sites intéressants pour l’observation d’oiseaux, comme par exemple le « trou Caïman » à la sortie de Port au Prince après Croix des Bouquets ou même le jardin de notre maison pour les grenouilles et… les mygales.

La camargues? Non, le Trou Caïman à Port au Prince
La Camargue? Non, le Trou Caïman à Port au Prince
Le même Trou Caïman (photo prise au Lomo)
Le même Trou Caïman (photo prise au Lomo)

Le Trou Caïman (aussi connu localement sous le nom de  Dlo Gaye ) est comme son voisin l’étang saumâtre le reliquat d’un bras de mer qui s’étendait jadis sur la pleine du Cul de Sac, entre  ce qui est aujourd’hui Port au Prince et la frontière avec le République dominicaine. L’eau y est légèrement salée (mais moins que dans l’étang saumâtre). Chose miraculeuse en Haïti, l’endroit est relativement bien préservé (relativement…): l’un des rares coins de nature à proximité de Port au Prince, où l’on peut observer de nombreuses espèces d’oiseaux telles que Hérons, Grèbes à bec bigarré, Aigrettes, Anis, Gallinules poule d’eau et bien sur Flamand roses.

Héron Vert
Héron Vert (Butorides virescens)
Rapace non identifié (Buse?)
Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus)  (Merci à Evelyne pour l’identification). Il s’agit en fait du seul rapace piscivore des Antilles: j’aurai dû noter ce détail…
Crécerelle d'Amérique

Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius)


Lézard à queue courbée d'Haïti (Leicocephalus Personatus)

Lézard à queue courbée d'Haïti (Leicocephalus Personatus)

Grenouille (à la Villa Taïna)
Grenouille (à la Villa Taïna)

Mygale dans le jardin de la maison. Ouille...
Mygale dans le jardin de la maison. Ouille…

Dans la piscine... (1)

Dans la piscine... (1)

Dans la piscine... (2)

Dans la piscine... (2)

Pic d'Hispaniola (Mâle)

Pic d'Hispaniola (Melanerpes striatus)

(To be continued…)

Author: Julien Categories: Haïti, Nature et animaux Tags:

New York (part 1)

07/06/2009
Fin Juin 2009 j’ai eu l’occasion de réaliser un vieux rêve: une première semaine à New York, en compagnie de mon Mamiya, de mon réflex et de quelques liasses de dollars…
Garment District (Mamiya C330, film Portra 160 natural colors)

Garment District (Mamiya C330, film Portra 160 natural colors)

Times Square - Le centre de recrutement de l'US army (Mamiya C330, film Kodak Portra 160 Natrural colors)

Times Square - Le centre de recrutement de l'US army (Mamiya C330, film Kodak Portra 160 Natrural colors)

42 ème rue, Times Square (Nikon D 200)

42 ème rue, Times Square (Nikon D 200)

Financial District, la statue de Washington à l'entrée de Wall Street

Financial District, la statue de Washington à l'entrée de Wall Street (Nikon D 200)

Le temple du capitalisme - la bourse de New York, Wall Street

Le temple du capitalisme - la bourse de New York, Wall Street

Une statue, juste à l'entrée de la ville, sur une île...

Une statue, juste à l'entrée de la ville, sur une île...

American Museum of Natural History

« Il est à New York un lieu magique où les rêves de l’enfance se sont donné rendez-vous ; où des troncs séculaires chantent et parlent ; où des objets indéfinissables guettent le visiteur avec l’anxieuse fixité des visages ; où des animaux d’une gentillesse surhumaine joignent comme des mains leurs petites pattes, priant pour construire à l’élu le palais du castor, de lui servir de guide au royaume des phoques, ou de lui enseigner dans un baiser mystique le langage de la grenouille ou du martin-pécheur. Ce lieu, auquel des méthodes muséographiques désuètes, mais singulièrement efficaces, confèrent les prestiges supplémentaires du clair-obscur des cavernes et du croulant entassement des trésors perdus, on le visite tous les jours, de 10 heures à 5 heures: c’est l’American Museum of Natural History » (Claude Levi-Strauss, La voie des masques – 1979).

Femme Ainou du Japon

Femme Ainou du Japon

Chasseur d'Amazonie

Chasseur d'Amazonie

Masque Sépik, Papouasie Nouvelle Guinée
Masque Sépik, Papouasie Nouvelle Guinée

Une soirée au plus près de la légende…

One night only: Lundi 29 Juin au Blue Note club, concert de Jack De Johnette et Ravi Coltrane. Coup de chance, il reste une place à table juste à coté de la scène.

Ravi Coltrane (Nikon D200)

Ravi Coltrane (Nikon D200)

Jack!

Jack!

Kenny

Kenny Davis

Ved Buens Ende: Là où se termine l’arc en ciel il y a… Le Pont de Manhattan!

Le pont de Manhattan vu depuis celui de Brooklin

Le pont de Manhattan vu depuis celui de Brooklyn

Vu de la fenêtre de l’hôtel: les toits de Manhattan  et derrière la façade de l’Empire State Building.

L'Empire State Building

L'Empire State Building

Le pont de Brooklyn

Le pont de Brooklyn

The Village (Greenwhich Village)

The Village (Greenwich Village)

Ground Zero, le chantier de reconstruction

Ground Zero, le chantier de reconstruction

La facade de l'Empire State Building, de la chambre de l'hôtel

La facade de l'Empire State Building, de la chambre de l'hôtel

Author: Julien Categories: Mamyia, New York Tags:

Mer et Bateaux

19/05/2009

Haïti

Haïti étant une île, on y trouve toutes sortes de bateaux, pirogues et barques souvent construits en bois et équipés de voiles. Ces embarcations servent encore de nos jours au transport entre l’ile principale – Hispagnola – et les îles secondaires : îles de la Gonave, de la Tortue, île à Vache…

Le Mercenaire

Le Mercenaire

pirogue de pèche

pirogue de pèche

Barque de pèche, Petit Goave

Barque de pèche, Petit Goave

Epave de navette - Petit Goave

Epave de navette - Petit Goave

Voilier de transport, Grand Goave

Voilier de transport, Grand Goave

Ces embarcations sont toujours utilisées en Haïti pour transporter des marchandises – ici des sacs de ciment – entre les diférentes îles. Cette photo malgrè son air rétro a été prise (au Lomo…) en 2009.

Sierra Leone

La Sierra Leone compte 400 Km de côtes et de nombreuses îles. Freetown est un port en eaux profondes qui accueille  nombre de porte containers et cargos.

cargo

cargo

Barque dans la mangrove à marée basse, Cockle Bay.

Barque dans la mangrove à marée basse, Cockle Bay.

To be continued…

Author: Julien Categories: Haïti Tags:

Les couleurs de l’Afrique

11/05/2009

Sélection de photos en couleurs

buggys

Man O War Bay (Sierra Leone)

bunjumbura

Bujumbura (Burundi)

coline

Makeni (Sierra Leone)

makeni-rueMakeni (Sierra Leone)

stade1Stade National de Freetown (Sierra Leone)

stickersDécoration pour voitures et motos (Sierra Leone)

Man O' War Bay, Freetown, Sierra Leone

Man O' War Bay, Freetown, Sierra Leone

Author: Julien Categories: Sierra Leone Tags: ,

More animals

08/05/2009

babouin

singe-saut

monkey-plage

crabe-et-mouettes

lezasexe

Author: Julien Categories: Nature et animaux, Sierra Leone Tags:

Saison des pluies

07/05/2009

La pluie seule est divine (André Breton).

Mais la saison des pluies en Afrique de l’ouest, ça c’est quelque chose…

secLe Pont de Kabala en saison sèche…

Le même en saison des pluies:

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Soir d’orage sur la baie de Freetown.

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Pluie de fin d’après midi sur Makeni

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Author: Julien Categories: Sierra Leone Tags:

Lomo for ever

07/05/2009

Le Lomo… Véritable outil créatif ou arnaque ?

Au début des années 90 juste après la chute du mur de Berlin, j’ai eu l’occasion de voyager en Pologne. Au marché aux puces de Gdansk, toute l’armée rouge était à vendre. J’ai fait l’acquisition de nombreuses médailles soviétiques, d’un casque de combat frappé de l’étoile rouge, d’une montre d’aviateur (qui a marché 3 jours), j’ai hésité devant une coiffe de tankiste avec ses boudins caractéristiques, et j’ai  déniché un drôle de petit appareil photo dont je ne savais rien mais qui ressemblait furieusement au Minox de mes rêves qui était à l’époque bien au dessus de mes moyens… Objectif fixe de 32 mm, boitier rustique, origine soviétique: il n’en fallait pas plus l’achat fut impulsif. J’ai bien fait 2 ou 3 rouleaux avec, dont je dois dire que je ne garde aucun souvenir : certainement avais-je jugé les photos sans intérêt, fades et sans piqué… Naïveté de la jeunesse, j’étais passé à coté du phénomène sans déceler le potentiel créatif de la chose ! Ce premier Lomo (le vrai de vrai, 100% soviet) a donc disparu au fond du grenier et quelques mois plus tard je me suis offert un vrai Mionx 35 mm. Des années plus tard, au siècle suivant pour tout dire, je tombe dans la presse spécialisée sur un article ventant les mérites de la photographie « alternative »… En première page, un Lomo, mon Lomo ! J’habitais à l’époque en Afrique et étais de ce fait passé un peu à coté du « revival » lomographique (oui dans le bush sans internet on a vite fait de rater des choses essentielles). Bref, au prochain retour en France, je fis l’acquisition d’un Néo - Lomo « made in China » et m’empressai de faire quelques films en Sierra Leone. Le résultat… hum à vous de voir. Moi j’aime bien le coté brouillon et la surprise au développement. En fait lorsque je prend la photo je ne sais jamais si l’appareil déclenche ou pas… Depuis l’appareil m’accompagne partout car il est petit et discret. Il est aussi toujours amusant d’acheter des films et de les faire développer dans les labos d’Afrique ou d’Haïti: les chimies sont antédiluviennes, les films périmés ou stockés depuis des années en plein soleil… les résultats sont variables mais des fois il y a de bonnes surprises.

bracage à Freetown - 2007 (tentative de traitement croisé)

Braquage à Freetown - 2007 (tentative de traitement croisé)

Petite vendeuse de souvenirs - Laka Beach, 2007

Petite vendeuse de souvenirs - Laka Beach, 2007

Lessive à la rivière de Georges Brook, 2007

Lessive à la rivière de Georges Brook, 2007

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Lessive à la source de Dworzak, Freetown, 2007

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Captage de source « maison » quelque part sur les hauteurs de Freetown, 2007.

lessive-lomoLessive, Freetown, 2007

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Georges Brook, Freetown, 2007

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Moi même en forêt, début 2008

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En voiture vers Georges Brook, 2007

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Laka Beach, 2007

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Kroo Bay, Freetown, 2008

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Marchandage chez un tailleur, Aberdeen, 2007

(TO BE CONTINUED…)

Author: Julien Categories: Lomo, Sierra Leone Tags:

Express Partout

03/05/2009

- A la découverte d’Haïti

Depuis Novembre 2008 me voila en Haïti. Beaucoup de travail et seulement de rares occasions de visiter le pays.

Dans les Mornes

Dans les Mornes

Commençons par Port de Paix et la partie Nord de l’île…

Port de Paix - Provisions alimentaires

Port de Paix - Provisions alimentaires

Port de Paix - vendeur de pop-corn

Port de Paix - vendeur de pop-corn

Port de Paix - Mur peint et repeint (détail)

Port de Paix - Mur peint et repeint (détail)

Port de Paix est le chef-lieu du Département du Nord Ouest. Juste en face à un jet de pierre se trouve l’île de la Tortue, jadis repaire des pirates et boucaniers. Pas loin non plus de Port de Paix se trouve la Baie des Moustiques où dit-on Christophe Colomb débarqua à Hispagnola et planta une croix. La ville est active, boueuse mais relativement agréable comparée à d’autres villes d’Haïti.
Hard Soldiers of Port de Paix

Hard Soldiers of Port de Paix

Centre ville, Port de Paix

Centre ville, Port de Paix

Port de Paix International Airport

Port de Paix International Airport

Pour quitter la ville on prend le petit vol de la Tortug’ Air. Les mesures de sécurité de l’aéroport ont été renforcées: on a taggé à la bombe « pa antwe la » sur le mur du parking. Authentique: la piste est une rue de terre en pleine ville. A chaque arrivée d’avion des employés utilisent des sifflets pour faire dégager passants et animaux. On atterrit au milieu des poules, des gens et des ânes.

Si on ne veut pas prendre l’avion il reste la solution du bus. Haïti récupère et recycle tous les vieux « school bus » US. Florilège…

Bus - route des Gonaïves, vers Anse Rouge.

Bus - route des Gonaïves, vers Anse Rouge.

A chaque fois ça me rappelle le gag de Gil Jourdan dans « l’Enfer de Xique-Xique » quand ils vont à la gare routière prendre un bus local et que le panneau dit : « Départ – 8 heures. Arrivée – Regardez votre montre (si elle marche encore)« …

Passage à gué sur la route entre Port de Paix et Gros Morne

Passage à gué sur la route entre Port de Paix et Gros Morne

Dans la Plaine de l'Artibonite

Dans la Plaine de l'Artibonite, à la grâce de Dieu...

Le Sud

Laissons Port de Paix pour l’autre extrémité du pays, Jacmel, Miragoane, Petit et Grand Goave… Jacmel fut  autrefois un important centre commercial: la quasi totalité de la production mondiale de café au XIX° venait d’Haïti!  Maisons d’affaires, entrepôts et négoce du café, de la canne à sucre et bien sur du rhum firent au 19ème siècle la réputation de la ville. La côte sud du pays est plus calme, moins exposées aux tempêtes et autres cyclones et plus développée que la partie Nord. On y trouve des perles, tel le fameux « relais de l’Empeureur » à Petit Goave.

Au Relais de l'Empereur (Petit Goave)

Au Relais de l'Empereur (Petit Goave)

Peut être une des seules rues calmes de l'ïle: Jacmel.

Peut être une des seules rues calmes de l'île: Jacmel.

Jacmel

Jacmel

Jacmel

Jacmel

Maison d'affaires

Maison d'affaires

Maison d'affaires (2)

Maison d'affaires (2)

TO BE CONTINUED…….

Author: Julien Categories: Haïti Tags:

Life in the Ghetto

25/04/2009

Freetown, Sierra Leone.

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La population de Freetown a presque doublée en moins de dix ans, conséquence de la guerre au Sierra Leone et au Liberia voisin.

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A la recherche de morceaux de cuivre qu’il pourra revendre pour que sa famille puisse acheter un peu de riz.

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Les Gonaïves

23/04/2009

En Haïti la ville des Gonaïves (200 000 habitants) a été durement frappée par les évènements climatiques extrêmes de Septembre 2008. La rivière La Quinte est sortie de son lit et a inondé une bonne partie de la ville. Lorsque la crue s’est retiré, les eaux chargées de sédiments arrachés aux collines environnantes ont laissé une épaisse couche de boue sur toute la ville. Six mois après le drame, on est toujours en train de nettoyer les rues, de reconstruire les maisons et de ré-activer l’accès aux services de base.

Sur la route...
Sur la route…

Sur la route des Gonaïves, avant d’entrer en ville la route fait une déviation pour éviter le Lac Jeanne, qui s’était formé suite aux inondations de 2004 causées par le cyclone Jeanne. En Haïti, on compte les années en fonction des cyclones…

L' avenue des Dattes en cours de nettoyage
L’ avenue des Dattes en cours de nettoyage

Arrivé dans le centre, ce qui frappe c’est d’abord la boue, partout.  Certaines familles ont véritablement tout perdu en une nuit, d’autres ont du passer plusieurs jours sur le toit de leurs maisons en attendant l’arrivée des secours.

La boue, partout...
La boue, partout…

Dans des situations d’urgence comme celle ci le problème le plus immédiat c’est l’accès à l’eau. Les eaux de surface sont hautement contaminées, et les eaux souterraines le sont aussi en partie car l’inondation a recouvert puits, forages et latrines.

Rampe de distribution d'eau.
Rampe de distribution d’eau.

La distribution d’eau potable en urgence est faite par un système de livraison par camion. Grâce à la mobilisation de tous le pire a été évité: L’épidémie.

Cantine pour les enfants de moins de 5 ans
Cantine pour les enfants de moins de 5 ans

Après l’eau, la nourriture. Afin de prévenir le risque de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, particulièrement à risque dans les semaines après le drame, des cantines sont ouvertes dans toute la ville. On y sert une bouillie spécialement conçue pour pallier aux manques de l’alimentation quotidienne.

Abris temporaire
Abris temporaire

Réfugiés climatiques. Eux ont tout perdu. Ils se sont regroupés dans un entrepôt abandonné et y sont restés de longues semaines en attendant de trouver à se reloger. Mais où?

les Gonaïves vues du ciel
les Gonaïves vues du ciel

Les Gonaïves, vues du ciel: plus une maison intacte, des rues couvertes de boue et à perte de vue un horizon bouché par les collines sans arbres prêtes a verser encore plus de sédiments à la prochaine pluie…

Retour à la vie...
Retour à la vie…

La vie reprend son cours, malgré la précarité du quotidien. Les enfants retournent à l’école en évitant les tas de boue qui encombrement encore les rues.

Aide alimentaire
Aide alimentaire

Pour les plus démunis, l’aide humanitaire reste indispensable.

Author: Julien Categories: Eau Assainissement Hygiène (WASH), Haïti Tags:

Camps de Réfugiés du Liberia

19/04/2009

On trouvait dans la région de Bo jusqu’en 2007 des camps de réfugiés qui avaient fuit les combats dans leur pays, le Liberia frontalier avec la Sierra Leone. Ces camps étaient devenus au fil des années de véritables petites villes où des familles entières ont vécu, travaillé la terre, se sont marié, ont enfanté… puis un beau jour la guerre fût terminée, les camps ont été vidés et tout le monde est rentré au Liberia, sauf une poignée d’irréductibles qui avaient certainement de bonnes raison de ne pas vouloir rejoindre leur pays d’origine.

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Ces photos on été prises dans les différents camps de la région de Bo en Sierra Leone.

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Wata Na Life!

18/04/2009

Sierra Leone: Wata Na Life, l’eau c’est la vie!

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

Cascade de Bunban, Bombali District, Sierra Leone

La guerre civile qui a duré de 1999 à 2002 a fait d’énormes dégâts sur un parc d’infrastructures d’accès à l’eau potable déjà bien mal entretenu. Dans les années 60 – 70 à l’époque où la Sierra Leone était en plein boom économique, de gros efforts avaient été faits pour développer des réseaux d’adduction d’eau potable dans toutes les grandes villes et même certaines zones rurales. Ces réseaux n’ont pas été bien entretenus, et sont petit à petit tombés en décrépitude. La guerre a faite le reste.

Aujourd’hui, dans une ville comme Freetown la capitale qui compte environ 800 000 habitants, 40%  de la population vit en dehors de la zone de couverture du réseau municipal.

Dans les campagnes, la situation n’est guère plus réjouissante même si de gros efforts ont été faits par le gouvernement et les ONG internationales. Mais on est loin du standard d’un puits pour 250 utilisateurs ou même d’un puits par village.

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Puits protégé, région de Bo (Sierra Leone)

Un puits « moderne » ou « protégé » construit par une ONG internationale dans la région de Bo.  Il s’agit d’un puits profond d’une quinzaine de mètres, creusé à la main et renforcé d’un cuvelage en béton. Le tout est couvert d’un margelle et d’une dalle aussi en béton et équipé d’une pompe à bras (ici de marque Kardia). Le tout garanti une protection parfaite de l’eau contenue dans le puits, qui est ainsi à l’abri des contaminations d’origine fécales ou autre.

Un des gros problèmes dans ces zones de l’Est du pays est que durant la guerre il était courant, pour faire fuir les villageois, de jeter des cadavres d’hommes ou d’animaux dans les puits. Des années après la fin de la guerre les habitants se souviennent encore des puits ainsi contaminés et ne veulent toujours pas boire de cette eau. Du coup il est impossible de rénover le puits (alors que techniquement un curetage suivit d’une décontamination au chlore serait possible) et il ne reste plus qu’à en creuser un autre…

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d'eau (région de Bo, Sierra Leone)

Corvée d’eau: comme souvent dans l’Afrique rurale, ce sont des  jeunes filles qui sont chargées de la collecte de l’eau. Il leur faut parfois marcher des heures pour aller chercher quelques litres d’une eau pas toujours potable.

Ce sont autant d’heures qui sont perdues pour le développement personnel, la lecture, l’étude ou la vie de famille.

L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’être humain.

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

Robinet de la "Guma Valley Water Company", Kroo Bay, Freetown

En ville comme ici à Kroo Bay un quartier populaire de Freetown, l’eau est distribuée par un système de branchements à domicile et de robinets publiques. L’eau est traitée au chlore par la compagnie municipale (Guma Valley Water Company) mais à cause de la décrépitude du réseau de distribution elle n’est pas toujours propre à la consommation au point de distribution.

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

File d'attente au puits (Kossoh Town, Sierra Leone)

En ville comme à la campagne, ce sont les femmes et les enfants qui vont puiser l’eau. Ici à deux pas du Stade National de Freetown l’environnement sanitaire du point d’eau est plus que douteux: chaque année à la fin de la saison des pluies le choléra fait son apparition…

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

Tuyau crevé, Suzanne's Bay, Freetown

L’unique point d’eau du quartier: un tuyau crevé venu d’on ne sait où amène un filet d’eau souillée.

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective, Suzanne's Bay, Freetown

Douche collective dans la quartier de Suzanne’s Bay (Freetown). Cette photo a été prise en 2008, déclarée par l’ONU « année internationale de l’assainissement ».

L’accès à l’eau de qualité et en quantité suffisante est un droit fondamental inscrit dans plusieurs conventions internationales.

Hélas le 22 Mars dernier, à la fermeture du Forum mondial de l’eau d’Istanbul, les Etats Unis et quelques autres états (dont le Brésil) se sont opposés à la  reconnaissance d’un « droit humain fondamental à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». Faute de consensus sur ce sujet  la résolution finale n’évoque pas ce droit.

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