Paris, début d’année
En me livrant à mon occupation favorite – flâner le long des quais de Seine – je tombe sur un spectacle photogénique à souhait: un exercice des pompiers de Paris à la grande échelle, pile en face de la tour Eiffel!
En me livrant à mon occupation favorite – flâner le long des quais de Seine – je tombe sur un spectacle photogénique à souhait: un exercice des pompiers de Paris à la grande échelle, pile en face de la tour Eiffel!
Mamiya C330 et 80 mm, film Portra 800 et 160 asa
Visite de terrain sur les hauteurs d’Awassa (Amharique: አዋሳ) dans la « Région des Nations, Nationalités et Peuples du Sud », à 5 heures de route au sud d’Addis Abeba. C’est une région de montagne, au climat relativement frais et humide. Les villages que nous visitons sont situés à une altitude de 2000 à 2500 mètres. On y cultive l’Enset (Ensete ventricosum) ou « fausse banane » qui ne donne pas de fruit mais dont les racines et le cœur constituent la nouriture de base. Les jardins, magnifiques, sont complantés de maïs, oignons, piments, tabac et bien sur le khat qui est vendu chaque matin par petites bottes le long des routes. L’essentiel du khat part vers la capitale, puis file le jour même vers Djibouti ou la Somalie. Les habitants (pour l’essentiel locuteurs de l’Oromo, une langue couchitique) vivent dans des maisons circulaires en bois recouvert de torchis. L’habitat est assez dispersé, les hameaux ne regroupant guère plus d’une dizaine d’habitations entourées de jardins et de champs d’Enset. Le tout me rappelle fortement les villages Hmong du Nord Vietnam: même altitude, même végétation, même sentiment de vivre hors du temps et de l’agitation des plaines. La situation cependant, malgré les apparences, est loin d’être idyllique dans ces montagnes: les taux de malnutrition y sont particulièrement élevés, l’accès à l’eau potable reste problématique (essentiellement des captages de sources mais il n’y en a pas dans chaque village) et l’assainissement, inexistant (enfin inexistant pour le moment car nous sommes au début du projet, dans quelques mois avec l’aide des agents du Ministère de la Santé tous les villages seront assainis!…). Les cas de diarrhées sont nombreux et de ce fait la morbidité infantile, particulièrement élevée. Les problèmes alimentaires qui touchent la région semblent d’ordre structurels. Les paysans n’ont généralement pas de parcelles assez grandes pour leurs besoins, la pression foncière est importante et l’accès au marché réduit (ce qui reste une caractéristique des zones de montagne). Enfin, nous ne sommes pas loin de la Corne de l’Afrique et les conséquences de la terrible famine qui y sévit vont immanquablement se faire sentir.

L'habitat est dispersé, les hameaux sont entourés de plantations de "fausses bananes" et de jardins magnifiquement entretenus.

Cette mère de famille nous explique que, depuis que son mari a creusé des latrines dans leur plantation d'Enset, ses enfants ont moins la diarrhée.

Chantier de construction d'une boite de captage de source. Fait pas chaud pour la saison on supporte bien une petite laine...
Pour plus de photos d’Ethiopie en Noir et Blanc, cliquez ICI
Quelques vues du Jutland et de Skagen réalisées au Mamiya C330 moyen format. Film Portra 800 et 160 asa.
Paysages de Skagen et du Jutland, la pointe Nord du Danemark.
Film Kodak Tri X 400 objectif Summarit 50 mm.
Pour finir quelques sténopés
Le sténopé ou la l’art de photographier sans objectif.
Le principe du sténopé est plus ancien que la photographie puisqu’il se retrouve dans la camera obscura décrite par Léonard de Vinci ou même à l’état naturel dans certaines grottes: les rayons lumineux passant à travers un trou minuscule se voient sur une paroi opposée, à l’envers (phénomène que l’on retrouve également dans n’importe quel œil en bon état de fonctionnement…).
Pour réaliser un sténopé il suffit de percer sur une plaque opaque un trou le plus petit possible, puis de l’ajuster sur son boitier favori à la place de l’objectif.
Personnellement j’ai sacrifié le capuchon qui remplace l’objectif sur mon Nikon. Il faut procéder en deux étapes. Un premier trou assez large est foré à la perceuse bien au milieu du capuchon. Puis le trou d’aiguille lui même est réalisé dans un morceau d’aluminium (issus d’un emballage alimentaire). Le tout est de faire un trou le plus petit possible tout en étant parfaitement rond. Une méthode consiste à préformer un trou dans l’alu avec un clou mais sans percer: on obtient de l’autre coté une bosse qu’il faut ensuite limer délicatement pour la percer par usure: ainsi le trou est bien rond. Plus le trou est fin plus l’image est nette. Il faut ensuite beaucoup de soleil ou augmenter la sensibilité de l’appareil. Mes tentatives en intérieur ou au flash n’ont rien donné pour le moment. Il existe des tables de calcul et une véritable ingénierie du sténopé qui permet d’obtenir des images surprenantes de netteté et de piqué (voir ici : http://www.galerie-photo.com/stenope.html) mais je n’en suis pas encore là et j’aime bien l’aspect bricolo de mes sténopés.
Premier essai de mon nouveau sténopé « tout alu » par la fenêtre de mon salon: ca marche! Les photos sont couvertes de « pétouilles » qu’il faut éliminer patiemment avec l’outil correcteur de Photoshop. C’est dû au fait que la focale, selon le diamètre du trou d’aiguille, varie entre f/20 et f/300!… Même après un passage au Nikon pro shop pour un nettoyage du capteur, il reste des dizaines de pétouilles et plus inquiétant des pixels morts ou défaillants (couleurs aléatoires) que l’on ne peut repérer qu’en pratiquant le sténopé.
Pour finir un autre procédé expérimental amusant: la photo « au travers du viseur ». Pour cela il faut deux appareils et un petit montage permettant d’aller photographier au travers du viseur d’un des deux boitiers. Pas évidant du tout et résultat aléatoire… Ici j’utilise comme boitier « photographiant » mon reflex Nikon et un objectif Macro 105 mm. Le « viseur » est un 6×6 Mamiya C330. J’ai essayé avec des boitiers 24×36 mais le viseur est trop petit et on ne voit rien. Le 6×6 présente l’avantage d’avoir un dépoli conséquent mais quadrillé. On peut enlever le quadrillage mais à la réflexion c’est un peu ça qui fait la photo…
Noël 2010. Il neige sur Paris et l’orage gronde sur Marseille le temps d’un aller – retours, film Ilford HP 5 poussé à 1600 ASA.
Janvier 2011, visite d’une semaine au Burkina Faso
(photo Voigtlander + 35mm et film HP 5 poussé à 800 asa)

Il s'agit d'un groupe de femmes employées dans un centre de recyclage des déchets dans la banlieue de Ouagadougou.
Pour la première fois je me rends en Inde, à Pune dans l’état du Maharastra. Si le centre ville correspond à peu prés à l’image que j’avais de l’Inde, la banlieue où je me trouve est une ville moderne, zone industrielle et centre commerciaux à perte de vue. Je suis accueillis comme un prince par mes amis indiens qui me font visiter la ville et découvrir la gastronomie locale.
Photographiquement parlant, j’emporte mon moyen format et mon 35mm télémétrique. Pas de numérique. Le moyen format est un peu compliqué à mettre en œuvre car les rues sont bondées et animées en permanence. Par contre le 35mm est parfaitement à sa place. Je commence à maitriser l’engin (je ne l’ai que depuis un mois) et quel bonheur. La visée télémétrique est incroyable de précision. A pleine ouverture (1.4) en intérieur on peut faire rapidement des images parfaitement au point, chose quasi impossible avec un réflex numérique autofocus (et les autofocus Nikon sont théoriquement parmi les meilleurs).
Quelques photos au moyen format (Mamyia C 330 et 80mm), film Portra 160 nc
Quelques vues réalisées au 35mm. Boitier Voigtlander Bessa R4, objectif Nokton Classic, film TMAX 400
Novembre 2010: à l’occasion d’un voyage professionnel à Philadelphie, je m’échappe deux jours à New York. Il pleut des cordes. J’achète chez B & H un objectif à mise au point sélective « Lensbaby« . L’effet de flou se prête bien aux photos dans le mauvais temps.
Pour plus de photos de New York (premier voyage, juin 2009) cliquez ici
Un été et quelques mois à Paris. L’occasion de porter un regard neuf sur des choses vues et revues 100 fois… Un exercice bien difficile où l’on réalise que pour être photographe il faut avoir du temps devant soi et de bonnes chaussures.
Concert au Parc de la Villette, dimanche 22 août 2010.
Vers le My Space de Bibi Tanga
En première partie un chanteur Haïtien, Erol Josué.
Vers le My Space d’Erol Josué « The Prince of Haitian Roots Music »…
(To be continued…)
Juste pour le plaisir un petit supplément de photos prises au Lomo et donc développées en France.
… Au bout de la route, il y a un autre réalité de ce qu’est devenu Haïti aujourd’hui: des gens qui vivent hors du temps et de l’espace, dans des zone enclavées, avec peu de liens avec le monde extérieur. L’aide humanitaire ou le développement n’arrivent en général pas jusqu’à eux car, pour amener un sac de riz il faut au moins une route…
Nous partons à la découverte de la bande côtière de la pointe nord ouest d’Haïti. Les gens ici vivent essentiellement de la pèche et de la production de charbon: la déforestation est un problème majeur. L’accès à l’eau potable est aussi difficile car il y a peu de sources et elles sont souvent loin des habitations.

Lorsque la mer est grosse ou si les hommes sont trop faibles pour aller pécher, ils n'ont plus rien à manger.

Son mari est décédé il y a quelques mois et elle s'occupe seule de la famille. En attendant le petit dernier.

Le point d'eau le plus proche est à une heure de marche. Les champs sont secs car il n'a pas plu depuis des mois.

Stress hydrique: c'est quand il n'y a plus d'eau. Les seules sources pérennes sont de maigres filets qu'il faut utiliser pour la boisson, la toilette, la cuisine...
Ce sont les enfants qui sont de corvée d’eau, parfois il faut marcher une à deux heures pour arriver à la source. Autant d’heures perdues pour l’éducation, la lecture ou le développement personnel. L’accès à l’eau potable est pourtant un droit humain fondamental, reconnu par l’observation Générale N° 15 des Nations Unies de novembre 2002 qui précise que « le droit à l’eau garantie à chaque être humain de disposer pour son usage personnel et domestique d’une eau abordable, accessible et saine, en quantité suffisante et de qualité acceptable«
L’autre problème majeur de la région, c’est la déforestation. Les habitants n’ont souvent aucune autre source de revenus que le charbon de bois. Tous sont convaincus des dangers du déboisement, et tous savent que plus l’on coupe les arbres moins l’eau s’infiltre dans le sol. Le lien est clairement établis dans tous les esprits entre perte du couvert végétal et épuisement des sources. Pourtant, les besoins à court terme, la nécessite de nourrir ses proches font que des centaines de familles dépendent de la fabrication de charbon uniquement pour leur survie.

Fabrication du charbon de bois. Des millions d'haïtiens font leur cuisine au charbon. Il faut d'urgence introduire d'autres technologies, subventionner le gaz ou l'électricité.

Consternation: ils découvrent que des inconnus ont abattus un Mapou centenaire à la sortie de leur village.
Peut-on encore sauver Haïti? J’en suis convaincu (sinon je ne serai pas là!) mais je crois qu’il faut vraiment mettre le paquet et vite car dans certaines régions le point de non retours est atteint: pour faire pousser des arbres il faut au moins un peu de terre. C’est aussi bien évidement un problème social et économique. Il faut mettre fin à la misère pour que les gens aient une autre alternative que le charbon. Cela ne peut se faire qu’au prix d’un effort massif de la communauté internationale et d’une mobilisation de tous les haïtiens.
L’action humanitaire en Haïti ce sont toujours des aller-retours entre projets d’urgence et projets de développement. Nous partons avec un collègue faire une évaluation pour la rédaction d’un projet d’eau et assainissement dans la région du Bas Nord Ouest, Baie de Henne, Bombardopolis et Môle Sain Nicolas.
Il s’agit d’une région enclavée, « en bout de ligne », avec un gros problème de partage de la ressource en eau. Les pluies sont faibles et à cause de la déforestation les sols absorbent moins d’eau donc les aquifères ne se rechargent plus autant qu’avant. Il y a des sources mais mal réparties sur le territoire. Les gens doivent fréquemment marcher plus d’une heure pour aller chercher de l’eau.
La région est magnifique, sauvage et riche du point de vue culturel et historique: c’est par là que les Français se sont installés en Haïti, depuis l’ile de la Tortue. On trouve une vingtaine de forts au Môle Saint Nicolas, des canons un peu partout et une incroyable poudrière encore intacte. C’est vraiment l’ambiance pirates des Caraïbes!
C’est bien sur une région de marins, car les routes sont si mauvaises qu’il vaut mieux faire voyager les marchandises par bateaux. On utilise encore des vieux gréments tout en bois qui peuvent porter jusqu’à 40 tonnes de marchandise.
Pour tous vos séjours dans la région une seule adresse: le Boukan-guinguette sur la plage du Môle Saint Nicolas super ambiance, très bons repas et bivouacs sur la plage! Adresse:
boukanguinguette@yahoo.fr
Aussi accessible par la mer (très bon mouillage naturel dans la baie) en partant des Antilles sur la gauche en allant vers Cuba ou la Jamaïque!
Week end pascal trois mois après le tremblement de terre du 12 janvier: l’occasion de visiter un peu les environs et de revenir sur quelques sites que j’aimais particulièrement « avant » le séisme et dont j’espérais qu’ils seraient encore debout…
Tout d’abord, la ville de Petit Goave à deux heures de voiture de Port au Prince. Elle est plus proche de l’épicentre du séisme que la capitale et du coup a été bien affectée. J’avais eu l’occasion d’y passer plusieurs fois: c’était une belle ville active, avec un important marché et des centaines de commerces.
Le fleuron de Petit Goave était le « Relais de l’Empereur », un sublime hôtel centenaire dont j’avais déjà publié des photos dans ces pages. Je m’attendais vraiment à le voir intact, car à Port au Prince les vieux bâtiments ont plutôt mieux résisté que les modernes. Hélas, quelle ne fut pas ma tristesse de découvrir une dent creuse dans la rue principale, pile à l’emplacement du Relais: effacé, oblitéré, plus une brique…
Démoralisé, nous repartons vers la communauté paysanne de Vallue, dans les mornes au dessus du col du Tarpion qui sépare Petit et Grand Goave. La zone a aussi été affectée. Le morne Tarpion est sillonné de puissants éboulements (visibles sur Google Earth!), qui témoigent de la puissance du choc. La communauté de Vallue, que nous avions déjà visité et à laquelle je me promettais de consacrer un article, se trouve au dessus de Grand Goave, dans la montagne. La zone a été dynamisée dans les années 60 – 70 par un agronome du cru, qui a eu le l’idée d’y monter un projet de développement intégrant agriculture, marché paysan et éco – tourisme. Le système a bien fonctionné et Vallue est vraiment un village à part en Haïti. On y trouve un hôtel – restaurant, des résidences d’artistes, une école, un marché, et surtout des gens heureux, accueillants et visiblement épanouis. Enfin, ça c’était avant…
A Grand Goave se trouve aussi la Villa Taïna, où nous avions passé plusieurs weekend. Par pudeur je ne m’étendrai pas sur le sujet. Christian si par hasard vous lisez ces lignes, sachez que nous sommes de tout cœur avec vous et que je n’oublierai jamais les moment de bonheur passés à la Villa, ni les langoustes ni les petits rhums arrangés. Je sais que vous vous en êtes tous les deux sortis vivants et je serai heureux d’avoir de vos nouvelles. Toute ma sympathie dans cette épreuve.
Retour à Port au Prince. Nous escaladons la « Tour 2004″ sur le Champ de Mars, pour « admirer » la vue au coucher du soleil.
Là où tout a commencé - la Zona Colonial, le vieux quartier de Saint Domingue, capitale de la République Dominicaine: la première ville européenne des Amérique, crée par Christophe Colomb et son frère Bartholomé.
Articles sur le même thème: Youphil Relief Web RFI
12 janvier / 12 mars : deux mois après le tremblement de terre qui a ravagé Port au Prince, où en sommes nous? Dans le centre ville, la vie tente de reprendre son cours normal. Les camps spontanés de sinistrés s’organisent de mieux en mieux, avec l’aide des ONG et de la Protection Civile haïtienne. La plupart des familles qui avaient déserté le centre ville dans l’immédiate après crise sont revenues, ou du moins ont renvoyé une personne pour sécuriser les biens restant sous les décombres ou encore trouver un travail. Les maisons détruites ou dangereuses sont au fur et à mesure écrasées par des engins lourds, puis les gravats aplatis au rouleau compresseur pour faire de l’espace. Plus tard sur ces places dégagées, des villages de tentes s’installeront pour désengorger les camps spontanés du centre ville.
Pour l’organisation avec laquelle je travaille, nous avons atteints nos objectifs en terme de livraison d’eau potable (75 000 personnes tout de même) et nous sommes en train de voir si il reste des besoins pas couverts sur de nouvelles zones. Le programme « latrines » est lui plus en retard, car nous rencontrons de grosses difficultés (dont j’ai déjà parlé dans ces pages) pour creuser des fosses dans un environnement urbain, surpeuplé et au sous sol rocheux… Du coup nous nous orientons vers des latrines à fosse sceptique que l’on fera vidanger avec des camions siphon.
La nouveauté du moment, ce sont ces nouveaux camps spontanés qui se montent en périphérie de la ville, au nord de la Plaine du Cul de Sac. C’est une zone aride, polluée par la décharge toute proche, sans même un arbre pour s’abriter du soleil. Il n’y a pas d’eau, pas de source ni de puits à proximité. En parallèle, le gouvernement essaye toujours de monter des camps semi permanents pour reloger les sinistrés, mais se heurte à un problème de disponibilité des terres: il n’y a pas d’espace en zone non inondable qui soit suffisamment grand pour accueillir les quelques 200 000 bénéficiaires potentiels…
Les damnés de la terre, les parias, les derniers des oubliés, les voici : ils vivent et travaillent sur le site de décharge de Truitier, à coté de Cité Soleil à la sortie de Port au Prince.
Chaque jour une nuée de camions déverse ici les ordures de Port au Prince. Il n’y a pas d’incinérateur ni de traitement. Tout est trié à la main par une armée de gamins qui récupèrent ce qui peut l’être – en gros tout ce que les cochons et les chèvres ne mangent pas: métaux, bouteilles en plastique, verre… Malgré le chaos apparent, les choses sont organisées, et la municipalité a appris à gérer la pénurie au mieux avec les moyens du bord et le soutien de quelques ONG. Il manque une vraie politique d’assainissement et de gros investissements pour construire un incinérateur et un centre de tri dignes d’une métropole de deux millions d’habitants.
Depuis le séisme le site s’est vu agrémenté de deux nouvelles fosses: une pour les « déchets bio médicaux » (appellation « politiquement correcte » pour désigner les membres amputés dans les opérations d’urgence) et une pour les boues de latrines que les ONG installent en ville car il est impossible de creuser des fosses dans les rues goudronnées et encombrées de réseaux (voir ici). Grâce à ces fosses l’impact environnemental est limité – le site de Truitier est de toute façon déjà contaminé pour des années.
Dans le monde, 2,6 milliards de personnes dont 980 millions d’enfants n’ont pas accès au plus élémentaire des réseaux d’assainissement. L’un des objectifs de développement du millénaire était de réduire par deux le nombre d’être humains sur terre n’ayant pas accès à un service minimum d’assainissement. Malgré les efforts faits (2008 : année internationale de l’assainissement), cet objectif ne sera pas atteint d’ici 2015.
D’après l’UNICEF, le manque d’infrastructures d’assainissement entraine chaque année la mort de 1,5 millions d’enfants. Ceux de Truitier compris.
Voir aussi les photos de la décharge de Freetown (Sierra Leone)
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