Sténopé
Le sténopé ou la l’art de photographier sans objectif.
Le principe du sténopé est plus ancien que la photographie puisqu’il se retrouve dans la camera obscura décrite par Léonard de Vinci ou même à l’état naturel dans certaines grottes: les rayons lumineux passant à travers un trou minuscule se voient sur une paroi opposée, à l’envers (phénomène que l’on retrouve également dans n’importe quel œil en bon état de fonctionnement…).
Pour réaliser un sténopé il suffit de percer sur une plaque opaque un trou le plus petit possible, puis de l’ajuster sur son boitier favori à la place de l’objectif.
Personnellement j’ai sacrifié le capuchon qui remplace l’objectif sur mon Nikon. Il faut procéder en deux étapes. Un premier trou assez large est foré à la perceuse bien au milieu du capuchon. Puis le trou d’aiguille lui même est réalisé dans un morceau d’aluminium (issus d’un emballage alimentaire). Le tout est de faire un trou le plus petit possible tout en étant parfaitement rond. Une méthode consiste à préformer un trou dans l’alu avec un clou mais sans percer: on obtient de l’autre coté une bosse qu’il faut ensuite limer délicatement pour la percer par usure: ainsi le trou est bien rond. Plus le trou est fin plus l’image est nette. Il faut ensuite beaucoup de soleil ou augmenter la sensibilité de l’appareil. Mes tentatives en intérieur ou au flash n’ont rien donné pour le moment. Il existe des tables de calcul et une véritable ingénierie du sténopé qui permet d’obtenir des images surprenantes de netteté et de piqué (voir ici : http://www.galerie-photo.com/stenope.html) mais je n’en suis pas encore là et j’aime bien l’aspect bricolo de mes sténopés.
Premier essai de mon nouveau sténopé « tout alu » par la fenêtre de mon salon: ca marche! Les photos sont couvertes de « pétouilles » qu’il faut éliminer patiemment avec l’outil correcteur de Photoshop. C’est dû au fait que la focale, selon le diamètre du trou d’aiguille, varie entre f/20 et f/300!… Même après un passage au Nikon pro shop pour un nettoyage du capteur, il reste des dizaines de pétouilles et plus inquiétant des pixels morts ou défaillants (couleurs aléatoires) que l’on ne peut repérer qu’en pratiquant le sténopé.
Pour finir un autre procédé expérimental amusant: la photo « au travers du viseur ». Pour cela il faut deux appareils et un petit montage permettant d’aller photographier au travers du viseur d’un des deux boitiers. Pas évidant du tout et résultat aléatoire… Ici j’utilise comme boitier « photographiant » mon reflex Nikon et un objectif Macro 105 mm. Le « viseur » est un 6×6 Mamiya C330. J’ai essayé avec des boitiers 24×36 mais le viseur est trop petit et on ne voit rien. Le 6×6 présente l’avantage d’avoir un dépoli conséquent mais quadrillé. On peut enlever le quadrillage mais à la réflexion c’est un peu ça qui fait la photo…










Bravo pour ces clichés au sténopé !
La photo de Nelly à travers le viseur est TOP !
Merci, Julien … j’ai enfin compris ce qu’était/est … un sténopé ! Fabuleuse … ta patience !
C’est bien la peine de s’offrir un Summarit…
Ch’te jure !